Arrêts de travail dans plusieurs prisons, au nord comme au sud du pays

Comme annoncé lundi par les syndicats, des agents pénitentiaires ont cessé le travail mardi dans plusieurs prisons du pays. Ils protestent contre le projet du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) de service minimum garanti dans les établissements pénitentiaires. La prison de Leuven-Centraal (Brabant flamand) fonctionne avec 9% des gardiens, Saint-Gilles (Bruxelles) 18%, mais à à Jamioulx, Mons et Lantin, des piquets de grève ont été installés.

Dans tout le pays, les gardiens de prison ont commencé à arrêter le travail pour protester contre les projets du ministre de la Justice Koen Geens. Au cours de la matinée, les syndicats ont informé le personnel du projet du gouvernement de service minimum garanti dans les prisons. Vendredi, le gouvernement fédéral a approuvé en première lecture l’avant-projet de loi du ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) qui instaure un service garanti dans les prisons en cas de grève dans le secteur pénitentiaire. Le texte doit encore être soumis à la concertation sociale formelle au sein du Comité de secteur 3, compétent pour les établissements pénitentiaires.

Menace de réquisition de gardiens

Concrètement ce projet prévoit que les gardien devront permettre aux détenus de satisfaire leurs besoins de base, même en cas de grève. Il faudra ainsi qu’il y ait suffisamment de personnel pour que les détenus puissent prendre une douche deux fois par semaine. S’il y a trop peu de personnel, le ministre pourra réquisitionner du personnel dès le deuxième jour de grève.

Les syndicats dénoncent une atteinte au droit de grève avec la menace du gouvernement de réquisitionner des agents. Le syndicat socialiste CGSP et chrétien CSC Services publics avaient annoncé lundi qu'ils couvriraient leurs affiliés à partir du 19 juin, au contraire du SLFP. L'organisation libérale estime que les actions de grève sont prématurées et donne la priorité à la négociation.

Jeudi, une nouvelle réunion des syndicats doit avoir lieu pour élaborer un plan d'action en front commun.

Selon l'administration pénitentiaire, quelque 65% des agents ont enfilé leur uniforme dans les prisons flamandes. Certaines d'entre elles tournent néanmoins avec moins de la moitié du personnel, comme les prisons centrale (8,82%) et secondaire (36,84%) de Louvain ainsi que celles de Merksplas (47,62%), Saint-Gilles (17,95%), Tongres (40%) et Turnhout (38,46%). A Saint-Gilles, sept agents de police ont été appelés en renfort à partir de 7h30, tout comme dans la prison centrale de Louvain.

Réaction du ministre Geens : "Cela ne concerne que les longues grèves"

"Ce service minimum ne concerne que les longues grèves, pas les grèves qui ne durent qu'un jour. Dans le même temps, nous avons garanti que les agents pénitentiaires resteront statutaires, non seulement ceux qui le sont déjà, mais aussi ceux qui seront recrutés à l'avenir parce qu'ils exercent une fonction d'autorité. Je pense donc qu'il s'agit d'un équilibre très raisonnable et j'espère que nous pourrons en discuter davantage avec les syndicats dans les semaines à venir" a déclaré le ministre à la VRT..