De Wever sur la proposition de créer des centres pour migrants en dehors de l'UE : "Enfin les esprits ont mûri"

Le président de la N-VA Bart De Wever est satisfait de la proposition du président du Conseil européen Donald Tusk de créer des centres en dehors de l'UE pour distinguer rapidement les personnes éligibles à l'asile et les migrants économiques qui ne peuvent y prétendre. "C’est un grand changement", a-t-il déclaré, ce mercredi matin dans l’émission De ochtend (VRT). "Les esprits ont enfin mûri". De son côté, le président du SP.A, dans l’opposition, n’est pas enthousiaste par cette proposition. "L'Europe a déjà fait plusieurs propositions équivalentes qui n'ont jamais été mises en œuvre", a déclaré le président du parti SP.A, John Crombez.

Le président du Conseil européen Donald Tusk envisage la création de centres en dehors de l'UE pour distinguer rapidement les personnes éligibles à l'asile et les migrants économiques qui ne peuvent y prétendre, ressort-il d'un projet de conclusions qu'il a fait parvenir aux chefs d'Etats et de gouvernement européens dans la perspective du sommet des 28 et 29 juin.

"Je l'avais déjà dit, il y a trois ans", a déclaré Bart De Wever. "C’est dommage qu'il ait fallu tant de temps pour que les esprits mûrissent, mais je suis heureux que les esprits aient mûri. Aux yeux du leader nationaliste flamand, il s'agit là "d'un pas important dans la bonne direction" et appelle le gouvernement Michel à se rallier au projet de conclusions élaborées par Donald Tusk lors du sommet européen de la semaine prochaine. "Il est clair que l'Europe est enfin en train de changer de position sur l'immigration", se félicite-t-il.

"Il est Il dommage que Merkel (la chancelière allemande Angela Merkel, ndlr.) ait d'abord orienté l'Europe dans une autre direction", ajoute De Wever. "A présent cela doit être corrigé.

Pour Bart De Wever, la proposition du président du Conseil ne va toutefois pas suffisamment loin. "Il manque la pièce finale", juge le bourgmestre d'Anvers qui revient avec l'idée avancée le week-end dernier par Theo Francken, à savoir priver automatiquement tout immigrant qui entrerait illégalement dans l'UE de pouvoir bénéficier d'un droit de séjour. Pour la N-VA, pareille décision permettrait de mettre fin à l'immigration illégale.

Le document de Donald Tusk ne précise pas où elles se situeraient

Ces "plateformes régionales de débarquement" permettraient d'accueillir des personnes sauvées en mer alors qu'elles essayaient de rejoindre l'UE. Elles seraient gérées en coopération avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). 

Le document ne précise toutefois pas où elles se situeraient. Une source européenne a néanmoins précisé qu'elles étaient envisagées "en dehors de l'UE" sans donner plus de détails. 

La Tunisie et l'Albanie sont régulièrement citées comme étant susceptibles d'accueillir de telles installations. Le secrétaire d'Etat belge à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), avait d'ailleurs récemment suggéré de ramener les migrants secourus en mer vers le pays du Maghreb pour ensuite les trier. Une idée similaire avait aussi été avancée dès 2016 par le dirigeant ultranationaliste hongrois Viktor Orban.

Pour le SP.A, il faudrait plutôt investir dans l’accueil dans la région d’origine des migrants

Le président du parti SP.A. John Crombez ne croit pas que cela se produira un jour. "Le problème avec l'Europe, c'est que nous avons déjà entendu des tas de déclarations sur des solutions possibles, mais que les États membres ne les réalisent jamais ensemble", a-t-il déclaré dans "De ochtend".
John Crombez ne croit pas que tous les États membres accepteront la proposition de Donald Tusk. Et même si c'était le cas, "ce ne serait pas encore assez", ajoute le président du SP.A.

John Crombez souhaite que l'Europe investisse davantage dans l'accueil dans la région d’origine des migrants. "La plupart des réfugiés restent dans leur propre pays ou fuient vers un pays voisin ", estime Crombez, " si nous veillons à ce qu'ils y aient une existence digne, ces personnes n'auront pas tendance à fuir vers l'Europe.

Nicolas Maeterlinck