Charles Michel veut analyser la proposition de centres pour migrants hors UE

La proposition visant à créer des centres d'accueil hors de l'UE pour distinguer rapidement les personnes éligibles à l'asile et les migrants économiques doit être "analysée", a indiqué mercredi le Premier ministre Charles Michel au nom de son gouvernement.

L'idée de mettre en place "des plateformes régionales de débarquement", qui permettraient d'accueillir des personnes sauvées en mer alors qu'elles essayaient de rejoindre l'UE, a été posée mardi sur la table des dirigeants des 28 par le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Le secrétaire d'Etat belge à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), soutient déjà depuis longtemps l'idée de ramener les migrants sauvés en Méditerranée vers la Tunisie, où un tri entre les personnes pouvant bénéficier d'une protection internationale et celles qui ne peuvent y prétendre serait effectué. Cette position est aussi celle de son parti, qui soutient donc logiquement l'approche de M. Tusk.

La position des partenaires de coalition des nationalistes flamands au sein du gouvernement fédéral (à savoir le MR, l'Open VLD et le CD&V) ne semble toutefois pas encore être arrêtée. Dans un communiqué publié mercredi à la veille de la journée mondiale des réfugiés, le Premier ministre Charles Michel indique en effet que "la mise en place de centres d'information et d'orientation doit être analysée".

La Belgique plaide ouvertement pour une approche européenne qui harmonise les différentes politiques migratoires des Etats membres de l'Union européenne, rappelle en outre le chef de gouvernement.

Le renforcement des frontières extérieures, la réforme du règlement de Dublin - qui détermine l'Etat membre responsable d'une demande d'asile - et la conclusion d'accords avec des pays tiers sont les "trois pans essentiels" de cette approche.

Ces éventuels accords avec des États hors UE doivent être "à l'image de ce qui a été fait entre l'UE et la Turquie". "Ces accords, certes imparfaits ont donné lieu à une division par dix du nombre de décès en mer Égée", précise le Premier ministre.
C'est par ailleurs dans leur cadre que des centres d'orientation tels que proposés par M. Tusk pourraient être mis en place.