Le secteur de la construction crée à nouveau des emplois

La croissance soutenue dans le secteur de la construction en Belgique participe enfin à la création d'emplois. C’est ce qu’indique Robert de Mûelenaere, l'administrateur délégué de la Confédération construction. Actuellement, 11.500 emplois sont d'ailleurs vacants dans le secteur, mais il peine, comme d'autres, à recruter de la main d'œuvre qualifiée. Le secteur souhaite en outre, d’ici 2020, réduire de moitié le nombre d’accidents de travail.

L'année 2018 s'annonce bonne pour le secteur de la construction. Avec une croissance attendue de 3,7%, il fera mieux que l'économie belge (le Bureau fédéral du Plan table sur 1,6%, tandis que la Banque nationale anticipe 1,5%).

L'optimisme pour cette année est poussé tant par les constructions de logements neufs (+7%), que par les rénovations résidentielles (+1%), mais surtout par les rénovations non-résidentielles (+7%). Ce segment bénéficie de la décision prise l'été dernier par le gouvernement fédéral "d'allouer un budget de 400 millions d'euros pour la rénovation des bâtiments de justice", souligne la confédération. Enfin, année électorale oblige, l'activité en génie civil devrait fortement progresser (8%) avant de connaître l'accalmie au lendemain des scrutins.

Ces perspectives enthousiasmantes se traduiront par des créations d'emplois. Après en avoir perdu 20.000 entre 2012 et 2015, le secteur a inversé la tendance et le Bureau fédéral du Plan s'attend désormais à ce que 24.000 nouveaux emplois y soient créés d'ici 2023. Quelque 11.500 emplois sont d'ailleurs vacants dans la construction. Comme bon nombre de secteurs en Belgique, la construction déplore les difficultés à recruter de la main d'œuvre qualifiée.

"Cinq mille élèves sortent chaque année des sections construction de nos écoles professionnelles (toutes communautés confondues), c'est clairement insuffisant", commente Robert de Mûelenaere. Surtout quand l'on sait que seuls 40% d'entre eux prendront réellement le chemin d'un emploi dans le secteur.

Pour la confédération, il est grand temps de travailler à l'activation des chômeurs vers les métiers en pénurie. Mais il importe aussi de se concentrer sur l'enseignement, notamment en alternance. Pour Robert de Mûelenaere, "le tronc commun ne correspond pas à la nécessité de reconnaître que chacun a ses propres talents à exploiter". "Quelle place voulons-nous donner à l'enseignement technique et professionnel dans notre pays?", s'interroge-t-il.

Réduire de moitié le nombre d’accidents du travail d’ici 2020

Le secteur de la construction annonce en outre son désir de réduire le nombre d’accidents du travail de moitié, d’ici 2020. L’an dernier, quelque 15.000 travailleurs de la construction ont eu un accident sur leur lieu de travail. La Belgique preste donc moins bien que la moyenne européenne. La Confédération de la construction vient de lancer une campagne de sensibilisation.

En Belgique, le risque d’accident du travail sur un chantier de construction est l’un des plus élevés en Europe. Les 15.000 accidents qui s’y sont produits en 2017 représentaient 11% de tous les accidents du travail dans notre pays l’an dernier. C’est davantage que la moyenne européenne. Comparé aux pays qui enregistrent le moins d’accidents dans ce secteur - les Pays-Bas, le Royaume Uni, l’Irlande et la Suède -, le risque d’accidents dans la construction est trois fois plus élevé en Belgique.

La moitié des accidents qui se produisent chez nous mènent à une incapacité de travail de courte ou de longue durée. Quelque 15% de ces accidents causent une invalidité permanente, voire entrainent même la mort (0,2% des cas). Un nombre important de ces accidents sont causés par la chute d’un ouvrier ou la perte de contrôle d’une machine ou d’un engin.

Afin de réduire le nombre d’accidents dans le secteur de la construction, la Confédération lance une grande campagne de sensibilisation. Le but est de conscientiser à propos de la sécurité et d’accroitre la prévention. Ce qui devrait mener, d’ici 2020, à une réduction de moitié du nombre d’accidents.

Les architectes et les maîtres d’œuvre peuvent aussi contribuer à améliorer la sécurité sur les sites de construction. Les autorités doivent aussi y veiller quand elles lancent de gros chantiers, indique Véronique Vanderbruggen, porte-parole de la Confédération. "Nous sommes tous responsables pour veiller à ce que la construction d’écoles ou de routes ne se fasse pas aux dépens de la sécurité sur le lieu de travail".