Mini-sommet européen à Bruxelles sur la migration

Les dirigeants de 16 Etats membres se réunissent ce dimanche à 15h à Bruxelles pour un sommet informel sur la migration. Le but de cette rencontre, qui se tient dimanche au siège de la Commission, est de travailler à des "solutions européennes" en vue d'un sommet prévu les 28 et 29 juin.

"J'espère que la réunion de dimanche et le sommet de la semaine prochaine permettront d'avancer. Il est temps de prendre des décisions", a notamment déclaré le Premier ministre Charles Michel à la VRT, avant d'ajouter que "les frontières extérieures de l'UE doivent être contrôlées et respectées. Il y a un momentum au niveau européen - mais aussi en collaboration avec les Nations Unies - pour prendre des initiatives concrètes. Il ne faut plus des mots et des formulations, mais bien des actes et des résultats", a-t-il insisté.

Désaccord entre les Etats membres

Le principal point de désaccord concerne la réforme du système d'asile européen, dans l'impasse depuis plus de deux ans. Les dirigeants européens avaient fixé le sommet de fin juin comme horizon pour trouver un compromis, mais cette issue semble devenue improbable.

Leur principale pomme de discorde porte sur la modification du Règlement de Dublin, la législation qui confie principalement la charge du traitement de la demande d'asile aux pays de première entrée dans l'UE, faisant peser un fardeau disproportionné sur des pays comme l'Italie et la Grèce.

Les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) ne participent pas à la réunion de dimanche, estimant d'ores et déjà que les propositions qui devaient y être discutées étaient "inacceptables".

L'Italie avait fait un temps planer la menace de ne pas participer, jugeant sa position insuffisamment prise en compte, avant de confirmer sa présence.
 

Merkel poussée par ses alliés bavarois

Ce sommet est notamment convoqué parce qu’en Allemagne la chancelière Angela Merkel est pressé par ses alliés bavarois de la CSU d'obtenir un durcissement des règles et des pratiques européennes en matière migratoire.

Le ministre conservateur allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, a prévenu lundi qu'il serait prêt "en juillet" à "refouler immédiatement" les migrants arrivant aux frontières allemandes en provenance d'un autre pays européen si la chancelière Angela Merkel ne parvenait pas à une solution "équivalente" à l'occasion d'un sommet de l'UE prévu les 28 et 29 juin.

Le Premier ministre de la République tchèque Andrej Babis, a déjà annoncé qu’il était prêt de son côté à refouler les migrants arrivant à sa frontière, si l'Allemagne prenait une telle mesure.

La crise a aussi éclaté au niveau européen avec une révolte des pays en première ligne de l'accueil des migrants, en particulier l'Italie qui exige une meilleure répartition de la charge logistique et financière.

Création de centres en dehors de l'Europe

Et puis le président du Conseil européen Donald Tusk envisage la création de centres en dehors de l'UE pour distinguer rapidement les personnes éligibles à l'asile et les migrants économiques qui ne peuvent y prétendre. Ce projet sera aussi abordé ce dimanche au mini-sommet de Bruxelles.

Ce projet est encore entouré de nombreuses questions. Quels seront les pays d’Afrique du Nord qui accueilleront ces centres ? Qui s’occupera de la gestion de ces centres ? Les personnes ayant obtenu l’asile pourront-elles immigrer en Europe et comment empêcher les migrants économiques de tout de même tenter de rallier l’Europe par bateau ? Mais d’autres propositions sont sur la table comme la France et l'Espagne qui proposent la mise en place de "centres fermés sur le sol européen où les migrants devraient rester jusqu'à ce que leur cas soit étudié. C’est une idée que le gouvernement Belge est prête aussi à étudier.

L’autre idée du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, c’est qu'il y ait des sanctions financières envers les pays de l'Union européenne qui refuseraient d'accueillir des réfugiés.

Au cours d'une conférence de presse à Paris avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, Emmanuel macron a estimé qu'"on ne peut avoir des pays qui bénéficient massivement de la solidarité de l'UE et qui revendiquent massivement leur égoïsme national quand il s'agit de sujets migratoires".

La Belgique soutient aussi cette proposition.
 

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