En Belgique aussi, les bouchers sont menacés par des activistes vegan

Plusieurs boucheries font depuis quelques temps l’objet de vandalisme et de menaces de mort dans notre pays. Tout comme en France, les bouchers belges soupçonnent les activistes vegan et végétariens d’être à l’origine de ces actes. 

"Comme plusieurs collègues en Belgique, nous vivons depuis plusieurs mois des situations qui ne peuvent être décrites comme normales", témoigne Erwin Mertens au micro de Radio 1 (VRT). Ce boucher de Louvain évoque les actes de vandalisme, de harcèlement, et les menaces dont les bouchers sont victimes dans notre pays.

Erwin Mertens raconte avoir personnellement vécu plusieurs épisodes de ce genre : autocollants sur sa vitrine, rayures sur sa fourgonnette, ou encore vélo endommagé… Dans sa boîte aux lettres, il a eu la mauvaise surprise de retrouver un paquet contenant des excréments d’animaux.

"Le pire, ce sont les menaces", souligne-t-il encore. "Elles interviennent la plupart du temps via Facebook, et se réfèrent à l’abattage des animaux, et à ce que ce que ça donnerait si on me faisait subir la même chose". 

Des activistes flamands ?

Tout comme en France, les bouchers belges soupçonnent les activistes vegan et végétariens. "Il s’agit d’un groupe spécifique qui est particulièrement extrême", indique Erwin Mertens. "Cela ne veut pas dire que tous les vegan et végétariens sont extrêmes", souligne-t-il.

Le phénomène a également pris de l’ampleur aux Pays-Bas et en France, où les bouchers-charcutiers ont demandé la protection de la police au ministre de l'Intérieur. En Belgique, les messages adressés à Erwin Mertens ont été rédigés dans un néerlandais parfait, remarque-t-il.

Le boucher de Louvain a porté plainte auprès de la police, et une enquête a été ouverte. Les profils Facebook étant anonymes, il est toutefois difficile d’identifier les auteurs.

Erwin Mertens dit comprendre les personnes sensibles à l’abattage d’animaux. "Mais ce n’est pas de ça dont il s’agit. Ce que ces quelques personnes font constitue un délit. Ils doivent s’adresser à un autre niveau, et non directement aux petits artisans bouchers qui sont déjà victimes de la mauvaise image de l’industrie de la viande, avec laquelle ils n’ont rien à voir", conclut-il.