Historique, divins : La presse flamande salue l’exploit des Diables

Les éditoriaux de ce samedi sont unanimes : en battant le Brésil en quarts de finale de la Coupe du monde, les Diables ont offert à la Belgique un moment historique dans l’histoire du football. Certains quotidiens relativisent toutefois l’impact de cette victoire sur l’unité du pays. 

Het Laatste Nieuws et Het Belang van Limbourg – le premier, propriété de De Persgroep, le second du concurrent Mediahuis – ont publié exactement la même une ce matin : « Des Diables divins », un titre écrit en lettre capitale sur la même photo, illustrant Romelu Lukaku sautant de joie sur ses partenaires. 

"Mieux vaut être Belge", observe ce samedi le rédacteur en chef du Laatste Nieuws, Frank Depoorter, qui tente de replacer le délire provoqué par la victoire de Diables dans l’histoire du sport belge. "Clijsters et Henin: cela se rapprochait peut-être un tout petit peu de la folie des Diables. Peut-être. Un tout petit peu". "Plus tard, quand nous serons très vieux, nos petits-enfants raconteront des histoires sur cette soirée magique à Kazan". 

Un incroyable tour de force

La rédactrice en chef du Belang van Limburg, Indra De Witte, exulte, mais relativise aussi. "Dans les prochains jours, vous serez mitraillés par toutes sortes de publicités et de messages politiques. Les uns vous diront que cette victoire démontre une nouvelle unité nationale, les autres vous feront croire qu’il s’agit d’une formidable expression du succès de la diversité. D’autres encore vendront tout simplement plus de bière. Mais ne vous y méprenez pas. Ce match fantastique n’est rien de tout cela. C’est simplement un incroyable tour de force sportif d’une équipe de Diables inégalée". 

En une du Standaard, une seule image, celle du désarroi de Neymar, à genou sur un fond noir-jaune-rouge. En titre : "Les Diables ont vaincu Dieu". 

Le nationalisme belge est gratuit grâce à une marque de bière

Karel Verhoeven, rédacteur en chef du Standaard

"Les Diables ont vaincu Dieu". Le quotidien de référence n’avance pas pour autant la carte belgiciste. "Non, même après ce match du siècle, la Belgique n’est pas soudainement devenue un Etat nation convaincu, juste parce que, comme jamais auparavant, les drapeaux sont de sortie", souligne le rédacteur en chef, Karel Verhoeven. "Tous ces drapeaux portent le nom de sponsors. Il n’y a rien de sacré à la Belgique. Le nationalisme belge est gratuit grâce à une marque de bière", commente-t-il encore, ajoutant toutefois que cette euphorie générale constitue "une forme de solidarité". 

La Gazet van Antwerpen résume la prestation des Diables en un mot : "Historique". Dans les pages du quotidien anversois, ainsi que dans Het Nieuwsblad, le commentateur Ludo Vandewalle tourne déjà le regard vers l’avenir : "Quelque chose nous dit que ce n’est pas fini. Mardi, la France nous attend pour les demis. Les Français sont aussi bons que les Brésiliens. Cela devrait donc également être faisable. La génération dorée a confirmé sa réputation, mais ne se satisfera pas d’un troisième ou quatrième place. Les Belges s’en étaient approché en 1986 à Mexico. Mais ces Diables-ci veulent faire mieux".

Un avis que partage Hans Vandeweghe dans De Morgen : "Ils peuvent le faire. Martinez  peut le faire", titre l’article. "A Kazan, la génération dorée belge a définitivement conquis le monde".