"Trump not Welcome" : 1.400 personnes défilent à Bruxelles contre le président américain

Environ 1.400 personnes, selon la police locale, ont répondu samedi à l'appel de la plateforme "Trump not Welcome" pour manifester contre la venue du président américain Donald Trump à Bruxelles à l'occasion du sommet de l'Otan des 11 et 12 juillet prochains. Le slogan commun de "Make Peace Great Again!" a rassemblé un public divers, avec des militants pro-environnement et anti-armement, des féministes, des représentants des syndicats et des défenseurs des droits des LGBT et des droits de l'Homme notamment.

La manifestation a débuté vers 15h00 à la gare du Nord par des prises de parole de divers orateurs de la plateforme "Trump not Welcome", qui réunit une septantaine d'organisations, dont Amnesty International et le CNCD-11.11.11. Le cortège, avec déployée à sa tête une grande bannière floquée d'un "Make Peace Great Again!", a ensuite sillonné des artères du centre de Bruxelles et rejoindra son point de départ pour la fin de la manifestation, où deux concerts seront proposés en épilogue. Aucun incident n'était à déplorer vers 16h30.

Différentes voix unies contre Trump

Au fil du cortège, les associations ont fait entendre leurs voix sur des points qui les préoccupent particulièrement dans la politique de Trump. Le PTB a ainsi défilé sous le slogan "Pas d'argent pour la guerre", en expliquant que Trump sera à Bruxelles la semaine prochaine pour exiger des alliés de l'Otan qu'ils consacrent 2% de leur PIB à la Défense dans une logique de militarisation accrue. Amnesty International a pour sa part protesté contre la séparation et la détention des familles en quête d'asile aux États-Unis. Ses membres ont défilé en blanc, munis de peluches symbolisant l'innocence et l'enfance détruites en cas d'emprisonnement dans des centres fermés.

(Lire la suite plus bas)

De nombreuses femmes participant à la manifestation portaient des "pussy hats", ces bonnets roses à oreilles de chats devenus des symboles des dénonciations des propos sexistes tenus par le président américain.

"Nous ne voulons pas de la politique de Donald Trump, sur les plans climatique avec son retrait des accords de Paris, militaire avec sa position agressive à l'encontre de l'Iran et de la Chine, et migratoire. Nous refusons également que des leaders européens s'en inspirent car nous constatons un mouvement de fond en Autriche, en France, en Italie et en Allemagne notamment, qui va dans ce sens", a précisé Leila Lahssaini, l'une des porte-paroles de "Trump not Welcome". "La politique migratoire européenne engendre des milliers de morts en Méditerranée et bientôt, la Belgique détiendra à nouveau des enfants en centre fermés", ajoute-t-elle.

Dans ce contexte, la venue de Trump "est pour nous l'occasion de faire entendre une autre voix, une volonté de faire de la politique autrement", indique Leila Lahssaini. Elle souhaite qu'"au lieu de dépenser de l'argent dans des armes, la priorité soit donnée à l'investissement, une sécurité sociale forte, l'éducation, les soins de santé, le climat et une meilleur politique d'accueil des migrants".

Sommet de l’Otan

Donald Trump est attendu à Bruxelles les 11 et 12 juillet pour participer à un sommet avec ses 28 homologues chefs d'Etat ou de gouvernement de l'Alliance atlantique. Il devrait réitérer l'exigence américaine, déjà formulée en 2014 sous Barack Obama, que les alliés européens consacrent au moins 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires d'ici à 2024.