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Quel est le secret de Roberto Martinez?

Que la Belgique devienne ou non Championne du Monde, tout le monde est d’accord sur un point : le coach espagnol est parvenu à ce que les Diables rouges forment un bloc qui se bat jusqu’à la dernière seconde. Comment y est-il arrivé ?

Quand Roberto Martinez, âgé de 44 ans, a pris la relève de Marc Wilmots à la tête des Diables rouges, les critiques allaient bon train. Les non-initiés se demandaient "Roberto qui ?", les connaisseurs voyaient en lui un entraineur avec une expérience limitée. Quelques mois avant son passage à l’équipe nationale belge, Martinez avait été licencié de son poste de coach à Everton. Il y était resté trois saisons avant d’être remercié en raison de résultats peu probants.

Employer un Espagnol pour mener les Diables rouges, un pari osé pour l’Union belge. Mais son vice-président, Bart Verhaeghe, était rapidement convaincu par la vision de Roberto Martinez : "C’est quelqu’un de très intelligent qui travaille de manière analytique. Les chiffres et les faits sont très importants à ses yeux. Il observe, regarde, lit, compte, voit comment ça marche et tire ensuite des conclusions qu’il traduit en actions concrètes."

Preuve que le coach de l’équipe belge accorde beaucoup d’attention aux chiffres : il collabore avec un bureau de données statistiques néerlandais qui envoie des données sur les joueurs, les modèles tactiques, etc.

Manager moderne

Pour Bart Verhaeghe, Roberto Martinez agit en manager moderne en s’entourant d’une équipe : "Il peut lancer plusieurs idées en même temps et les déléguer à ceux qui observent selon un angle particulier. Ils leur donnent des responsabilités et les laissent totalement faire. Il suit évidemment ce qui se passe, mais leur accorde sa confiance et le montre. De la sorte, les gens se coupent en quatre pour lui."

Le psychologue sportif Jef Brouwers considère quant à lui que l’Espagnol est un chef d’entreprise : "Il sait parfaitement que ces jeunes sur le terrain s’occupent de leur business, mais il arrive à les convaincre qu’on ne peut pas tout faire seul. Souvenez-vous du dernier but contre le Japon : plusieurs joueurs auraient pu essayer de marquer pour leur gloire personnelle, mais ne l’ont pas fait. C’est un travail d’équipe."

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Toujours serein

"Pas de commentaires négatifs aujourd’hui, l’important c’est que l'on continue l’aventure." C’était la première réaction à la presse de Roberto Martinez après le match contre le Japon. Vis-à-vis de l’extérieur, il met toujours en avant les côtés positifs, témoigne Bart Verhaeghe : "Il m’a appris qu’on passe trop de temps sur les points négatifs en Belgique. C’est un gaspillage d’énergie. Pourquoi devrait-on s’en préoccuper quand on sait qu’on a fait une bonne analyse, qu'on travaille bien et qu’il y a du progrès ?"

Jef Brouwers décrit l’approche du coach des Diables rouges de "processus serein" : "La sérénité n’est jamais rompue, même si, à un moment donné, on doit dire des choses aux joueurs étant donné qu’ils n’ont pas mis en place ce qui a été convenu."

Force mentale

Lors des deux dernières années, les Diables rouges ont connu une évolution au niveau mental . Le psychologue sportif de l’équipe se souvient : "Il a commencé par un match contre l’Espagne (en septembre) avec une équipe qui s’est complètement effondrée après la 20e minute. Ce n’est plus le cas maintenant."

Il ajoute que l’approche stratégique et tactique de Roberto Martinez a permis à l’équipe belge, fortement mise sous pression par le Brésil, de garder le contrôle. Avant de conclure : "Le maintien de la concentration, malgré la pression, c’est le mérite de Roberto Martinez."