Grâce à la réalité virtuelle, le meurtre parfait n’existe plus dans le Limbourg

Les nouvelles technologies jouent un rôle déterminant dans la juridiction Anvers-Limbourg. Depuis 2016, cinq cas que l’on croyait être des morts naturelles ou des suicides se sont révélés être des meurtres après enquête.

En Flandre, on estime que 75 meurtres passent chaque année à travers les mailles du filet. "Cela s’explique par le fait que les "simples" médecins ne sont pas formés pour la mort de quelqu’un est de nature criminelle ou non", explique l’avocat général Patrick Boyen. "C’est la raison pour laquelle nous avons défini ce que l’on appelle les ‘mortalités inhabituelles’, par exemple, quand quelqu’un âgé de moins de 40 ans meurt sans raison apparente. Il s’agit de cas que nous allons analyser de plus près."

Quand un cas de "mortalité inhabituelle" se présente, un médecin légiste, un labo et la police lancent automatiquement une enquête pour vérifier ce qu’il s’est réellement passé. Depuis 2016, cinq meurtres ont été ainsi découverts de cette manière. Il s’agissait donc de meurtres presque parfaits.

On a ainsi mis au jour une mort avec violence, l’empoisonnement de deux personnes et la mort par strangulation d’une victime, alors que l’on pensait qu’elle s’était pendue.

"Le chiffre noir"

Dans la province du Limbourg, environ 7.000 personnes perdent la vie chaque année. En 2017, seulement 350 cas ont été considérés comme mortalité inhabituelle et parmi ceux-ci seulement un crime dont l’origine est inconnue, c’est ce que l’on appelle "chiffre noir" ("dark number" en anglais).

L’avocat général commente : "Il n’y en a qu’un, mais il est important. En tant que victime ou parent proche de la victime, vous voulez savoir ce qu’il s’est passé. Vous souhaitez que la personne responsable de la mort d’un être cher soit déclarée coupable et punie.

La technologie au service de l’enquête

La police judiciaire fédérale d’Hasselt se professionnalise et utilise des technologies avancées. Elle utilise par exemple la réalité virtuelle pour pouvoir visualiser la scène de crime. Le service de médecine légale de la KULeuven fait appel à la tomodensitométrie (CT-scan). De cette manière, le corps est représenté millimètre par millimètre sous tous les angles.

Il est ensuite possible de replacer l’image du corps sur les lieux du crime et les enquêteurs peuvent mener l’enquête en réalité virtuelle. "Cela permet de contribuer à découvrir la vérité", assure Dimitri Kun de la police judiciaire fédérale d’Hasselt.

Avec les avancées technologique, les criminels auront ainsi de plus en plus difficultés à échapper à la justice, même s’ils pensaient avoir commis le crime parfait.