Il manque 3.700 agents de police, les syndicats veulent qu’on accélère le recrutement

La police est en sous-effectif, il manque 3.707 agents, principalement dans les grandes villes: 1.610 à la police fédérale et 2.097 à la police locale. Dans trois quarts des zones de police, il y a moins d'agents que prévu, rapportent plusieurs journaux ce lundi.

"Les départs sont beaucoup plus importants que les arrivées car de nombreux agents prendront leur retraite dans les années qui viennent", explique Patrick Roijens, du syndicat de police VSOA (SLFP).

"L'éventail des tâches à accomplir est en constante augmentation et cela avec moins de personnes. Les agents doivent travailler plus longtemps, faire plus d'heures supplémentaires, avoir plus de week-ends, peuvent difficilement prendre leur congé, et cela a aussi des conséquences sociales".

"Ce manque d’effectifs a des conséquences sur le terrain"

"On doit essayer de remplir les missions de police de base. Il s’agit de fournir une assistance de première ligne à la population. Parmi les tâches qui qui sont réduites pour pouvoir effectuer ces tâches de base, il y a les actions en matière de sécurité routière et certaines actions judiciaires".

Le syndicat de police plaide en faveur d'un processus de recrutement accéléré. "Un plan pluriannuel doit être élaboré pour combler le déficit de capacité dans un laps de temps raisonnablement court. Deuxièmement, le processus de recrutement traîne beaucoup trop. Les personnes qui introduisent leur candidature à la police devraient pouvoir commencer leur formation d'un an plus rapidement.

Les syndicats demandent au ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) d'accélérer le recrutement. Mais le cabinet de celui-ci répond que le cadre législatif actuel pour le personnel ne le permet pas.

"A Anvers, ils ont lancé leur propre recrutement et processus de sélection. C’est plus rapide mais cela coûte aussi de l’argent. Toutes les zones de police, surtout les plus petites ne disposent pas de suffisamment de moyens pour le faire".

Bruxelles connaît une pénurie permanente et alarmante.  "De nombreux agents débutent leur carrière à Bruxelles et quelques années plus tard ils sont engagés plus près de chez eux", souligne Patrick Roijens.
 

Déléguer certaines tâches de police

Des missions de surveillance pourraient par exemple être confiées à des entreprises privées. "Nous ne sommes certainement pas opposés à cela", ajoute Patrick Roijens.
"Mais nous voyons qu’avec la mise en place de la nouvelle Direction de sécurité publique de la police fédérale, qu’il y a trop peu de candidats surtout du côté néerlandophone pour par exemple la surveillance des centrales nucléaires".


La Direction de sécurité publique est une unité d'appui fournissant prioritairement aux entités de la Police intégrée qui les sollicitent, différentes formes de renforts spécialisés en matière de gestion de l'espace public. En particulier les moyens permettant de prévenir ou de résoudre des situations violentes et/ou potentiellement dangereuses en termes de sécurité publique.