Un Albanais en séjour illégal, soupçonné de délits liés à la drogue, sur le point d’être expulsé

L'Office des étrangers est sur le point d'expulser un Albanais alors qu'il a été libéré sous caution. Une histoire qui rappelle celle de Safet Rustemi, un Albanais expulsé l'an dernier alors qu'il était en attente de jugement et qui figure désormais sur la liste des criminels les plus recherchés de Belgique. 

"Vous payez une caution pour sortir de prison, pas pour rester plus longtemps sur le territoire", s'est justifié Freddy Roosemont, le directeur-général de l'Office des étrangers, interrogé lundi soir lors de l’émission Terzake (VRT).

L'Albanais a été interpellé à la mi-juillet, soupçonné de délits mineurs liés à la drogue. Il a été rapidement libéré par le juge d'instruction, contre le paiement de la somme de 5.000 euros et l'ordre de rester à disposition de la justice. L'homme, qui séjournait illégalement en Belgique, s'est ensuite vu signifier un ordre de quitter le territoire par l'Office des étrangers. Mardi, il devrait être emmené de la prison de Gand vers un centre fermé, en vue de son expulsion.

Lorsque le mandat d'arrêt visant une personne séjournant illégalement est levé, la loi prévoit un délai de "sept jours à l'Office des étrangers pour prendre une décision et ensuite, sept jours encore pour la transférer vers un centre fermé", a expliqué Freddy Roosemont. Il a renvoyé vers la jurisprudence qui établit que "la procédure pénale ne peut et ne doit pas influencer la procédure de séjour".

Le directeur-général de l'Office des étrangers a également ajouté que dans cette affaire, il n'était pas clair qu'un procès allait effectivement se dérouler. Pour contrer la mesure d'expulsion, la justice peut introduire une demande écrite et motivée à l'Office, a précisé Freddy Roosemont.

Dans le cas de Safet Rustemi, cet Albanais de 33 ans qui a été expulsé de Belgique l'an passé alors qu'il était en attente d'un jugement, cela n'a pas été effectué. L'homme a été ajouté début juillet à la liste des "Belgium's most wanted", soit des criminels recherchés pour avoir été condamnés en Belgique. Après la révélation de cette affaire il y a deux semaines, des concertations entre l'Office et la justice ont eu lieu, a ajouté Freddy Roosemont.

Theo Francken : "Les illégaux n'ont pas leur place ici, les criminels illégaux encore moins"

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations Theo Francken (N-VA) a réagi à cette affaire ce mardi matin dans De ochtend (VRT). "Je voudrais citer les mots du directeur-général de l'Office des étrangers dans "Terzake" "c’est une procédure administrative".

"Le fait d’être en séjour illégal constitue aussi un délit. Et si un tribunal décide de libérer quelqu’un sous caution en sachant que cet homme se trouve ici en séjour illégal alors la loi sur les étrangers entre en vigueur. Cela signifie que nous devons suivre une procédure administrative. Dans le cas contraire, ce dernier aurait également reçu l'ordre de quitter le territoire".

Le fait qu'une caution de 5 000 euros ait été versée pour la libération de cet homme et qu'il soit ensuite expulsé constitue une question sensible pour la famille. Ces gens ont-ils perdu leur argent ? Theo Francken réagit avec indignation : "Mais cet homme est en séjour illégal sur le territoire".

Imaginez que ce dernier reste ici pendant 2 à 3 ans avant qu'il n'y ait un jugement définitif. Imaginez qu'il commette des délits : un meurtre, un viol, ....Alors vous me diriez : " Monsieur Francken, cet homme était illégal, pourquoi ne l'avez-vous pas expulsé  ?"

Theo Francken fait aussi le lien entre cette expulsion et le manque de place dans les prisons belges. "C'est la raison pour laquelle je les expulse dès que j'en ai la possibilité. Car les illégaux n'ont pas de place ici, et les criminels ilélgaux encore moins".