La ministre flamande de l’Enseignement pas favorable à une interdiction du portable à l’école

Ce lundi, l’Assemblée nationale française a définitivement adopté l’interdiction des portables dans les écoles et collèges, voire dans certains lycées. La loi entrera en vigueur à la rentrée prochaine. La ministre flamande de l’Enseignement Hilde Crevits (CD&V) n’est pas favorable à une interdiction généralisée des smartphones dans les écoles comme en France. Les différents réseaux d’enseignement en Flandre n’y sont pas favorables non plus.

"Au lieu d'imposer une interdiction, il serait beaucoup plus approprié d'enseigner aux jeunes comment utiliser leur smartphone à l'école ", a estimé la ministre. Hilde Crevits souligne que les ressources numériques occupent une place importante dans les nouveaux objectifs d'apprentissage de l'enseignement.

Les coupoles des différents réseaux d’enseignement préfèrent également que l’on laisse aux écoles et aux enseignants la responsabilité des règles d’utilisation des smartphones. "S’ils posent un problème alors ils devront être éteints ou ramassés par les enseignants, car il faut que les élèves portent toute leur attention à la leçon qui leur est donnée" a déclaré Nathalie Jennes, de l’Enseignement officiel de communauté GO.

"Mais c'est aux écoles ou aux enseignants qu'il appartient de décider de la conduite à tenir. Nous ne sommes pas en faveur d'une interdiction générale".

Quant au réseau catholique, il n’est pas favorable non plus à une interdiction généralisée des smartphones à l’école mais conseille toutefois aux établissements d’élaborer une politique en la matière en collaboration avec les parents et les élèves. Pour la porte-parole Marijke Van Bogaert : "Il est important que les jeunes apprennent à utiliser les nouveaux médias et ce de manière consciente, critique et saine et les écoles ont un rôle majeur à jouer à cet égard."

Wouter Duyck : "C'est une réaction de panique démesurée"

Enfin, Wouter Duyck, professeur de psychologie cognitive à l’université de Gand (UGent), a estimé mardi soir dans "Terzake" (VRT) que l’interdiction comme elle a été décidée en France n’était pas une bonne idée. "C’est une réaction démesurée de panique qui intervient à chaque apparition de nouveautés technologiques. Au IVe siècle avant notre ère on craignait l’influence des livres sur les populations, dans les années ‘60 c’était la télévision qui faisait peur et aujourd’hui ce sont les smartphones".
 

Jasper Jacobs