Un inventaire des peintures et sculptures spoliées par les troupes françaises

L'Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) vient de mettre en ligne un inventaire scientifique des peintures et sculptures volées en Belgique par les troupes françaises à la fin du 18e siècle. On y retrouve des œuvres de Rubens (ci-dessus) et Van Dyck, et même une sculpture de Michel-Ange. Il s’agit de 195 pièces au total, dont la moitié environ sont rapidement revenues dans notre pays.

Pendant la période révolutionnaire, des peintures et sculptures avaient été saisies par les troupes françaises sur le territoire de l'actuelle Belgique et envoyées en France. Les premières saisies dans les églises des Pays-Bas autrichiens remontent à juillet 1794 et le dernier envoi est arrivé à Paris en février 1795.

L'IRPA est parvenu à en faire l'inventaire et a ainsi recensé au total 195 pièces, soit moins que les 271 œuvres estimées lors d'un comptage effectué en 1883.

C'est très majoritairement la grande peinture baroque flamande, spécifiquement de Rubens et de Van Dyck, qui a fait l'objet de ces saisies. "Ce sont donc les grands tableaux d'autel qui ont été prioritairement prélevés, dans les églises et les couvents. Un peintre comme Van Eyck ne les intéressait guère que comme inventeur présumé de la peinture à l'huile, mais ses tableaux n'étaient plus guère considérés en cette fin du 18e siècle", précise l'IRPA.

Trois sculptures ont également été recensées, dont la Madone de Bruges de Michel-Ange (photo ci-dessous). Au total, 64 de ces œuvres se trouvent toujours en France, 100 sont revenues en Belgique après la chute de l'Empire, six sont en Allemagne, une en Italie et 24 n'ont pas pu être localisées.

Dans les prochains mois, l'administration de la Politique scientifique fédérale remettra à la Secrétaire d'État Zuhal Demir un rapport faisant le point sur la question juridique de tous ces objets.