L’île artificielle contestée au large de Knokke ne verra pas le jour… pour l’instant

 L'île artificielle, dont la construction était envisagée à titre expérimental au large de la station balnéaire de Knokke-Heist pour protéger la Côte belge des tempêtes, ne verra pas le jour dans l'immédiat, a annoncé mardi le secrétaire d'Etat fédéral à la Mer du Nord, Philippe De Backer (Open VLD). "Les conditions que j'ai posées dans le MRP (le plan d'aménagement des espaces marins, en français AEM) ne sont pas remplies", a-t-il affirmé dans un communiqué.

La commune de Knokke, et en particulier son bourgmestre, le comte Leopold Lippens, s'oppose à ce projet d'île artificielle porté par le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA) et - au départ par M. De Backer (Open Vld), avec pour objectif de protéger la côte des tempêtes et de la montée des eaux.

En vertu de la répartition des compétences entre l'Etat fédéral et les entités fédérées, la Flandre dispose à titre exclusif de celle de la défense de la Côte, même si la mer du Nord et l'aménagement des espaces marins sont du ressort du fédéral.

M. De Backer avait repris dans son MRP la possibilité de construire une île expérimentale au large de Knokke, d'une superficie initiale de 40 hectares pouvant à terme être portée à 450 à une distance de 1,2 km de la plage. Elle devait protéger la Côte d'une tempête millénaire (susceptible de se produire une fois tous les mille ans). La construction devait débuter en 2020 dans le cadre du masterplan fédéral d'aménagement des espaces marins couvrant les années 2020 à 2026.

Le projet ne répond toutefois pas aux conditions posées par le MRP, a souligné mardi M. De Backer, en rappelant qu'il s'agissait notamment de déterminer que l'endroit choisi était le meilleur pour construire une telle île expérimentale, sans impact sur l'environnement et en tenant compte des risques posés par la présence d'un vaste dépôt de munitions datant de la Première Guerre mondiale dans les environs.  Le site doit aussi pouvoir retrouver son état originel si le projet s'avère dommageable pour l'environnement.  

"Entre le souhait de construire une île-test et la construction elle-même se trouvent encore nombre d'objections légales et pratiques", a expliqué le secrétaire d'Etat libéral. Selon lui, c'est désormais à la Flandre et à M. Weyts qu'il revient de démontrer qu'une île à cet endroit est la seule manière de protéger la charmante localité de Knokke".

Le bourgmestre de Knokke satisfait

Le bourgmestre de cette commune avait annoncé la semaine dernière avoir mandaté un bureau d'avocats spécialisé pour utiliser tous les moyens juridiques possibles afin de s'opposer à ce projet.

 Le comte Lippens est convaincu qu'une telle île, si proche de la plage, dissuaderait les touristes de se rendre à Knokke, ferait baisser la valeur des appartements donnant sur la digue et rendrait les sports nautiques impossibles en réduisant la hauteur des vagues.

Toujours selon le bourgmestre, des péniches pourraient emprunter les eaux plus calmes situées entre l'île artificielle et la plage au risque d'en faire "un égout à ciel ouvert" pour les déchets et les dégazages des navires.

Leopold Lippens a accueilli mardi avec satisfaction la décision "courageuse" prise par le secrétaire d'Etat De Backer.