Une première famille, comptant 4 enfants, internée au centre fermé 127bis

Une première famille est arrivée mardi en fin de matinée dans l'une des nouvelles unités familiales du centre fermé 127bis à Steenokkerzeel, a confirmé l'Office des étrangers. Parallèlement ce mardi, une vingtaine de militants d'Amnesty ont déployé devant le cabinet du Premier ministre une banderole dénonçant l'enfermement des familles en vue de leur expulsion.

La famille concernée est originaire de Serbie, et compte quatre enfants. Elle a été déboutée de toutes les procédures en vue d'obtenir un titre de séjour et est en séjour illégal depuis 2013. A deux reprises, elle a été placée dans une maison ouverte, dont elle a fui à chaque fois.

Le moment de son rapatriement n'a pas encore été fixé, selon l'Office.

Protestation d’Amnesty

Ce mardi, une vingtaine de militants d'Amnesty International ont déployé brièvement une banderole devant le cabinet du Premier ministre Charles Michel, dénonçant l'enfermement des familles en vue de leur expulsion. La banderole représentait des silhouettes de familles avec enfants derrière des barreaux. Les militants ont également disposé 150 peluches enfermées dans un carcan, toutes signées par des festivaliers.

La police est rapidement intervenue et a prié les manifestants de quitter les lieux, situés dans la "zone neutre" de la capitale. Les militants se sont ensuite rendus vers la Bourse.

Une campagne regroupant de nombreuses associations a été lancée sous le slogan "On n'enferme pas un enfant. Point". Des actions sont annoncées. L'une d'elles aura lieu mercredi rue du Chêne à Bruxelles, à côté du Manneken Pis.

Un arrêté déjà condamné par la Cour européenne des droits de l’Homme

Le week-end dernier, l'arrêté organisant à nouveau l'enfermement de familles avec enfants est entré en vigueur.

En 2010 et 2011, la Belgique avait été condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) de Strasbourg pour ce genre de pratique et y avait mis fin pour lui préférer l'usage de maisons de retour ouvertes. La loi n'avait toutefois pas été modifiée. Le gouvernement a jugé cette méthode trop peu efficace en raison du nombre de fuites et a remis en vigueur l'enferment de familles avec enfants en vue de leur rapatriement.