Communales 2018 : Ce que les partis flamands ont à perdre… ou à gagner

D’ici deux mois, les Belges seront appelés aux urnes pour élire leurs représentants communaux et provinciaux. Pour chacune des formations politiques du nord du pays, l’objectif du scrutin du 14 octobre est clair : maintenir ou renforcer son pouvoir local. Le résultat des élections est d’autant plus important qu’il aura un impact sur la position des partis au niveau national. Le journaliste politique de la VRT, Bart Verhulst, dresse un tableau du paysage politique actuel.

CD&V : le faiseur de rois ?

En Flandre, le plus grand parti au niveau local reste encore et toujours le CD&V, même si au niveau régional ce n’est plus le cas depuis un certain temps. Le parti chrétien-démocrate est au pouvoir dans 217 communes, soit plus de deux communes sur trois. Dans 51 d’entre elles, il possède la majorité absolue. Au total, le parti compte 137 bourgmestres. Le CD&V est présent partout en Flandre. Il ne détient toutefois aucune grande ville, mais dirige des villes moyennes telles que Hasselt, Genk ou encore Roulers. A Anvers et à Gand, il demeure une petite formation. Ses membres espèrent toutefois y être les faiseurs de roi. 

L'Open VLD parviendra-t-il à ravir Gand ?

L’Open VLD est la deuxième formation au niveau local, alors qu’il se trouve en troisième position au niveau flamand. Les libéraux siègent dans 136 collèges communaux et comptent 70 bourgmestres. Le plus connu d’entre eux est Bart Somers, mayeur de Malines. L’Open VLD est traditionnellement plus fort dans la province de Flandre orientale. A Anvers, il constitue le plus petit parti avec à peine deux sièges. A Gand, la tête de liste, Mathias De Clercq, espère ravir l’écharpe. 

La N-VA, bientôt leader au niveau local ?

Actuellement, la N-VA est la troisième formation au niveau local, même si elle est parallèlement le plus grand parti de Flandre. Les nationalistes flamands siègent au sein de 114 collèges communaux et comptent 47 bourgmestres, le plus connu étant sans nul doute Bart De Wever. Son parti est le premier à avoir proposé un bourgmestre d’origine étrangère : Nadia Sminate, à Londerzeel. Pour la formation de Bart De Wever, l’objectif est clair : établir son rôle de leader au niveau local, et maintenir son pouvoir à Anvers. 

Le SP.A restera-t-il le parti des grandes villes ?

Le SP.A est quatrième au niveau local, avec une participation dans 116 communes et un total de 23 bourgmestres. Le pouvoir des socialistes flamands est faible dans les localités rurales, contrairement aux villes. Le parti de John Crombez dirige ainsi Ostende, Bruges, Vilvorde, Louvain, et surtout Gand, où le SP.A, en cartel avec Groen, possède la majorité absolue. Reste à voir s’il se maintiendra au pouvoir, alors que Daniël Termont ne se représentera plus. A Anvers, longtemps menée par les socialistes, le parti aimerait reprendre le pouvoir. Il a toutefois déjà dû faire face à de nombreux problème : le cartel avec les verts a rapidement échoué, le président de la section locale est sous le feu des critiques, et la tête de liste n’est pas membre officiel du parti. A Hasselt, le SP.A a dû remettre l’écharpe au CD&V, et ce, en pleine législature.

Groen, le Vlaams Belang et le PTB

Les écologistes flamands de Groen participent au pouvoir dans 54 communes et possèdent 2 bourgmestres, à Kruibeke et Zwijndrecht. Cordon sanitaire oblige : le parti d’extrême droite, Vlaams Belang, ne siège dans aucun collège. La formation de gauche radicale PVDA (PTB) siège quant à elle au sein du district anversois de Borgerhout.