Le personnel du centre psychiatrique Levanta dénonce des abus

Le personnel du centre psychiatrique de Zelzate (Flandre orientale) dénonce des abus dans l'aile hautement sécurisée de Levanta, indique le quotidien De Morgen ce jeudi. Isoler et attacher les patients seraient monnaie courante. Critiquée par l’opposition, qui estime qu’elle n’a pas pris suffisamment de mesures pour contrecarrer les éventuels abus envers les personnes internées, la ministre de la Santé publique Maggie De Block (photo) promet que son administration veillera à introduire des améliorations.

Après plusieurs avis négatifs de patients du centre psychiatrique Saint-Jean-Baptiste de Zelzate (photo) et de l'Inspection de la santé, c'est au tour du personnel de briser le silence sur les pratiques de l'établissement. Des collaborateurs interrogés par De Morgen évoquent des pratiques dégradantes dans le département hautement sécurisé du centre, dirigé par les Frères de la Charité (Broeders van Liefde).

Le personnel témoigne notamment du cas d'une femme, qui aurait été attachée depuis 13 semaines. "Avec une fixation en cinq points", décrit un témoin. "Cela signifie qu'elle est attachée aux mains, aux pieds et à la taille. Elle est libérée de temps en temps pour être changée ou pour sortir, mais elle est coincée la plupart du temps."
 

Le médecin en chef de Levanta est actuellement en vacances et renvoie vers la direction de l’établissement. Cette dernière ne souhaite pas donner de commentaire. Il y a quelques jours, le directeur du centre Eddy Impens affirmait que les mises sur écoute de patients et visiteurs avaient pour seul but de garantir la sécurité des visiteurs.

La ministre de la Santé publique Maggie De Block déclarait ce jeudi midi à la VRT que son administration prend les dénonciations du personnel très au sérieux et veut avant tout veiller à la sécurité des femmes internées à Levanta, mais aussi à ce qu’elles reçoivent les soins appropriés. Elles ont en effet été transférées de prison vers ce centre spécialisé en Flandre orientale pour y recevoir un traitement plus adéquat.

L’administration de la Santé publique, qui a fait effectuer un rapport sur la situation dans le centre, par les services de l’Inspection flamande des soins, en a reçu les résultats cette semaine. Dans le rapport il est notamment question de privation de liberté de mouvements et de pratiques d’écoute dans la salle où les patientes reçoivent des visites.

"L’inspecteur est retourné hier au centre, et tant la direction du centre que l’Inspection et le service public fédéral Santé publique vont apporter des améliorations aux aspects problématiques, en concertation avec le personnel et la direction", précisait Maggie De Block.