Flip Franssen

Elections 2018: "Il existe déjà un préaccord dans 70% des communes flamandes"

D’après des calculs effectués par le politologue de l’Université de Hasselt Johan Ackaert, et relayés par le quotidien De Morgen, pas moins de 7 communes sur 10 ont déjà scellé un préaccord en Flandre. "Rendre ces préaccords publique serait faire preuve d’une grande maturité", estime Johan Ackaert au micro de Radio 1 (VRT).

Le politologue de l’Université de Hasselt tire ses estimations en se basant sur une étude de longue durée autour du phénomène des préaccords. Depuis les élections communales de 1994, il interroge ainsi systématiquement les politiques pour leur demander s’ils avaient conclu un accord de coalition avant le résultat du scrutin. "Environ 70% d’entre eux répond positivement, et ce chiffre est resté stable tout au long de l’étude", indique Johan Ackaert.

D’après le politologue, ce résultat serait en réalité plus élevé, de nombreux représentants politiques ne souhaitant pas révéler ce qui, aux yeux de certains, est considéré comme une trahison d’électeurs.

Plusieurs sources haut placé ont toutefois confirmé la donne au quotidien De Morgen. "Tout le monde sait depuis cent ans que des préaccords sont conclus", réagit ainsi l’ancien président du SP.A, Bruno Tobback. "Cela ne me semble pas irréaliste que le phénomène touche 70% des communes". Une opinion que partage l’ancien Premier ministre Yves Leterme, qui indique que les préaccords sont une "pratique courante". 

Promesses et tractations

Les préaccords peuvent prendre différentes formes. Parfois, les partis se promettent simplement de s’appeler en priorité lors de la soirée électorale. Mais les formations peuvent également aller jusqu’à former au préalable des coalitions, ou encore signer un acte désignant d’avance le nouveau bourgmestre ou les échevins.

"Un préaccord ne constitue toutefois pas une assurance. Environ 40% des présidents de parti impliqués localement admettent avoir finalement abouti dans l’opposition", souligne Johan Ackaert au micro de Radio 1. La voix de l’électeur demeure en effet la plus forte : "Si le citoyen a voté différemment, le préaccord tombe", précise le politologue.

"Rendre ces préaccords publique serait faire preuve d’une grande maturité", ajoute encore Johan Ackaert. "Dans certains cas cela arrive déjà".