Il y a 500 ans débutait le transport d’esclaves entre l’Afrique et l’Amérique, avec l’aide d’un "Flamand"

En août 1518, l’empereur Charles Quint signait une charte octroyant au noble flamand, Laurent de Gouvenot, le droit de transporter 4.000 esclaves directement vers l’Amérique. 

La charte fut signée par Charles Quint sous son titre de roi d’Espagne. Elle légua le pouvoir de transporter des esclaves directement vers l’Amérique à Laurent de Gouvenot, connu en Espagne sous le nom de Lorenzo de Gorrevod.

Jusque-là, les esclaves qui étaient enlevés en Afrique étaient principalement emmenés en Espagne et au Portugal. Après les découvertes de Christophe Colomb en 1492, les esclaves ont commencé à être dirigés vers les Iles Caraïbes et les terres du sud et du nord de l’Amérique. (Lire la suite plus bas)

"La nouveauté instituée par cette charte réside surtout dans le fait que Charles Quint voulait ainsi favoriser l’envoi directe des Africains vers le Nouveau Monde et ses colonies", explique le professeur d’histoire coloniale Gert Oostindie (Université de Leiden, Pays-Bas) au micro de Radio 1 (VRT).

Laurent de Gouvenot fut donc le premier à obtenir la licence pour mener un trafic d’esclaves directement vers l’Amérique. "Il s’agissait d’un noble flamand qui travaillait à la cour de Charles Quint. Il y avait d’ailleurs aussi de nombreux autres Néerlandais du nord, qui sont, dans les textes, désignés comme des "Flamenco’s", soit des Flamands."

Après la signature de cette charte, le trafic d’esclaves entre l’Afrique et l’Amérique ne cessa de prendre de l’ampleur. La pratique durera plus de 350 ans. Au total, environ 12 millions d’Africains ont été déportés. 

Ministerie van Cultuur en Sport Spanje/ArchivoGeneral de Indias)