Le SP.A veut un débat sur la sécurité du vote électronique

Le président du parti socialiste flamand, John Crombez (photo), réclame un débat sur la sécurité et la transparence du vote électronique. A l'heure où la manipulation des élections est devenue un sujet réel de préoccupation, il estime qu'il est urgent de recevoir tous les apaisements sur ce point. Les élections communales et provinciales auront lieu le 14 octobre.

La sortie du socialiste flamand fait suite à une tribune libre de Bart Maddens publiée dans les quotidiens "De Morgen" et "De Tijd". Le politologue de l’Université Catholique de Louvain se montre très critique sur cette façon de voter et salue l'"intelligence des Wallons" qui ont décidé de revenir au vote papier.

"Il y a une question principielle: le processus électoral doit être contrôlable et transparent de A à Z", écrit-il. "La manipulation des élections est un thème d'actualité. Il y a des pays qui ont décidé de renoncer au vote électronique pour des raisons de sécurité. Regardez les Pays Bas où, après une analyse de sécurité, on a décidé d'en revenir au crayon. Pourquoi suivons-nous en Flandre le mouvement inverse? Est-ce sûr chez nous? Il faut des garanties", souligne John Crombez.

Le président du SP.A ne plaide pas pour autant en faveur d'un retour du vote papier. Mais il estime que toute une série de questions doivent recevoir une réponse: traçabilité, contrôle, possibilités de manipulation, etc. Il ne met pas en cause le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon. Il juge néanmoins que celui-ci doit fournir des explications. Le seul contrôle après les élections sur la base d'échantillons paraît insuffisant, estime John Crombez.

La sécurité de vote est une priorité absolue
Jan Jambon, ministre de l'Intérieur

Le cabinet du ministre de l'Intérieur a réagi, indiquant que la sécurité du vote est une "priorité absolue", tant pour Jan Jambon que pour le Centre de cybersécurité.

"Nous accordons énormément d'attention à la possibilité d'un piratage et d'une manipulation. C'est un point central dans la préparation des élections", a ajouté le porte-parole du ministre. Ce dernier est prêt à fournir des explications au parlement, mais il n'a pas l'intention de dévoiler sur la place publique les détails des procédures de sécurité. "Cela ferait trop plaisir aux pirates", a averti le porte-parole.

La Belgique a pris au sérieux la sécurité des procédures de vote, a-t-il assuré, et celle qui sera mise en oeuvre en octobre sera encore plus sûre que par le passé. Il n'y a notamment pas de liaison avec l'internet et des back-up sont toujours prévus dans le pire des cas.