Le commissaire aux Droits de l’enfant inquiet après sa visite au centre fermé de Steenokkerzeel

Bruno Vanobbergen, le commissaire flamand aux Droits de l'Enfant est inquiet pour les enfants détenus au centre fermé de Steenokkerzeel (Brabant flamand). Il l’a confié au quotidien Het Nieuwsblad après une visite dans le centre. Pour la première fois des familles avec enfants y sont enfermées en prévision de leur expulsion forcée. "Les enfants souffrent de cette situation" déclare Bruno Vanobbergen. "Ils sont stressés. La fille la plus âgée a des angoisses de mort".

La semaine dernière, Bruno Vanobbergen s’est rendu au centre fermé 127 bis de Steenokkerzeel.

Les familles avec des enfants qui ont récemment épuisé tous les recours légaux peuvent être enfermées dans des unités familiales en attendant leur expulsion forcée. Et ce qu'il y a vu l'a dérangé. "La logistique, c'est correct : il y a un psychologue, un coach et un professeur ", déclare Bruno Vanobbergen. "Mais pour le reste je suis très inquiet."

Le commissaire aux droits de l’enfant a ainsi rencontré une femme serbe avec quatre enfants. Cette famille avait déjà été placée dans une maison ouverte en vue de son retour mais s’était enfuie.

Les enfants souffrent de leur privation de liberté. "La loi stipule qu'un rapport doit être fait sur l'intégrité psychologique et physique des enfants ", estime Bruno Vanobbergen : " Il y a eu un tel rapport dressé par un pédiatre, qui déclare clairement que l'enfant le plus âgé a des problèmes et a des engoisses de mort. Toutefois, cela a été ignoré et remplacé par un rapport interne superficiel. Cela m'inquiète."
Les autres enfants subissent aussi du stress. Et ce n'est pas illogique selon Bruno Vanobbergen. "Les recherches ont montré dans le passé que même une détention de courte durée peut avoir un impact très négatif chez des enfants.

Le commissaire aux droits de l’enfant est également préoccupé par la durée de la détention. "On a toujours affirmé que nous allions enfermer les enfants aussi brièvement que possible. Cela signifie : un maximum de quatorze jours, avec une prolongation exceptionnelle de deux semaines. Mais aujourd'hui, les enfants sont là depuis vingt jours ! Ainsi, pour la première fois qu'une famille est emprisonnée, la période de deux semaines est déjà dépassée".

Enfin, Bruno Vanobbergen souligne également qu'il y a encore beaucoup d'incertitude quant à ce qui arrivera à ces enfants après leur expulsion. "C'est une famille rom et nous savons qu'elle est confrontée à de nombreuses agressions en Serbie. À l'heure actuelle, il y a trop peu de garanties pour leur sécurité".