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De Wever : "Le monde de la drogue serait sur le point d’acheter des hommes politique"

Dans une interview accordée au journal néerlandais De Volkskrant, le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (N-VA) affirme que l’argent de la drogue pénètre de plus en plus la vie politique dans sa ville. "L’argent de la drogue s’infiltre dans l’économie réelle" ,a ajouté De Wever dans l’émission "De ochtend" (VRT), ce lundi. 

Le trafic de la cocaïne depuis le port d'Anvers prend des proportions qui menacent la société. "Ce n’est visible que si vous voulez bien le voir" ajoute le bourgmestre de la métropole dans "De ochtend". "On peut déjà le constater dans le secteur de l’immobilier et lorsque des commerces s’ouvrent soudain qui ne s’avèrent pas être de véritables commerces".

Cette semaine la taskforce Kali qui dispose d’une quarantaine de personnes sera lancée. (ndlr : La Kali-team comprend près de 40 personnes issues de la police locale, fédérale et des services de l'inspection économique).

Bart De Wever affirme disposer de tas d’informations qui permettront à la Kali-team de lutter contre le monde de la drogue dès cette semaine. "Cela nous permettra de prendre des mesures contre le blanchiment d’argent dans des commerces de ma ville, comme contre ces boutiques de téléphone situées les unes à côté des autres, certaines crèches, certaines poissonneries, bien sûr il suffit de vouloir le voir".

"L’argent liquide qui circule grâce au trafic de cocaïne est énorme", ajoute De Wever. Alors que par le passé nous avions l’habitude de parler de certaines familles qui se créaient des revenus complémentaires en vendant du cannabis dans leur salon de thé, à présent, la cocaïne a tout changé. Depuis quelques années, des sommes d’argent circulent qui ont permis à certaines personnes de devenir des rois de l’immobilier au Maroc".

Guerre économique

L’attrait du gain facile de beaucoup d’argent en peu de temps fait que nous risquons de perdre une génération entière. Je ne raconte aucun secret, quand je dis que cette pratique est plus ancrée dans certains groupes que dans d’autres.

Bart De Wever pointe du doigt le milieu traditionnel du trafic de cannabis, les clans marocains qui, grâce au commerce de la cocaïne, ont obtenu beaucoup plus d'argent liquide". Le bourgmestre rejette les accusations selon lesquelles il stigmatiserait un groupe en particulier avec ses déclarations. "C'est toujours pareil maintenant. Quand vous dites la vérité, vous stigmatisez.

Selon Bart De Wever, la guerre contre la drogue est avant tout une guerre économique. "Il faut pouvoir briser leur modèle, il faut les empêcher le plus possible de faire des affaires, car même les gens qui n’ont rien à voir avant la maffia de la drogue risquent quand même d’être impliqués".
 

L'influence de ce volume d'argent pourrait s'infiltrer au niveau politique

Bart De Wever met en garde : l’argent de la drogue commence à pénétrer la politique : J'ose dire : "à Anvers, nous sommes à la limite de voir l'influence politique se faire acheter".

Faisant le parallèle avec les Pays-Bas, Bart De Wever estime que là-bas, un conseiller communal sur 6 est proche du crime organisé. "Je ne veux pas m’exprimer sur la situation à Anvers mais lorsqu’il y a beaucoup d’argent en jeu il y a peu de doute.
Lorsque certaines personnes peuvent acheter des douzaines de propriétés, s’infiltrer dans des clubs sportifs, des mosquées et mettre beaucoup d’argent sur la table. Et à côté de cela vous avez des hommes politiques qui viennent chercher des voix dans ces mêmes milieux alors vous êtes très proche des pratiques malhonnêtes".

Bart De Wever n’a pas voulu donner de noms, mais à la question de savoir si des membres de son parti la N-VA seraient impliqués, il estime qu’il ne craint pas une infiltration au sein de son propre parti. "Les gens du crime organisé ne considèrent pas notre parti comme un grand allié ni comme un ami potentiel. J’en mettrais ma main au feu".
 

Jasper Jacobs