Remplacer du béton par du vert vaudra de l’argent

Le gouvernement flamand débloque cinq millions d’euros pour allouer des subsides aux citoyens, entreprises et autorités locales qui contribueront à réduire le durcissement du sol dans le béton et l’asphalte en abattant des bâtiments ou des routes et en les remplaçant par des espaces verts. La mesure lancée par la ministre de l’Environnement, Joke Schauvliege (photo), est annoncée par plusieurs quotidiens flamands ce vendredi.

A l’heure actuelle, 14% du sol en Flandre est « durci » par le béton ou l’asphalte. "La pluie coule maintenant souvent directement dans les égouts et pas dans le sol", explique la ministre flamande de l’Environnement, Joke Schauvliege (CD&V). "Conséquence : lors de pluies très abondantes, on constate souvent des inondations parce que les égouts ne parviennent pas à absorber toute l’eau. A cela s’ajoute que le béton et l’asphalte conservent la chaleur. L’air refroidit donc moins vite en soirée".

En offrant des subsides aux particuliers, entreprises ou administrations locales qui remplaceront du béton ou de l’asphalte par de la verdure, la ministre veut remédier au problème de durcissement du sol. Ainsi, par exemple, des écoles qui remplacent leur cour de récréation en béton par de la terre ou de la pelouse pourront obtenir des subsides. Par projet, il s’agira d’un montant maximum de 250.000 euros.

"Premier pas dans la bonne direction"

Patrick Willems, qui enseigne les techniques hydrauliques à l’Université catholique de Louvain (KU Leuven), estime qu’il s’agit d’une bonne initiative du gouvernement flamand. "Peu de gens se préoccupent des problèmes qui peuvent être engendrés par notre rage de bétonner. La seule façon de réduire ce durcissement est d’introduire des encouragements financiers. C’est une mesure en faveur de laquelle nous plaidons déjà depuis longtemps".

Le professeur Willems estime qu’il s’agit d’un premier pas important dans la bonne direction pour faire diminuer le pourcentage de sol durci en Flandre. Et passer éventuellement ainsi de 14% à 10%, comme dans les années 1980. "Il ne s’agit bien entendu que d’une première mesure. Nous avons aussi planifié un “stop au béton” dès 2040 en Flandre. Mais l’incitant financier est déjà un premier pas dans le domaine de la sensibilisation "