© VRT

Manque criant d’infirmiers qualifiés : une immigration ciblée peut-elle aider ?

La Flandre ne parvient pas à résorber un manque flagrant de personnel infirmier qualifié. En juillet encore, l’Office flamand pour l’emploi VDAB enregistrait près de 1.300 postes vacants dans le secteur des soins de santé. L’ambassadrice flamande des soins de santé, Lon Holtzer, plaide en faveur d’une manière éthiquement responsable de faire venir en Flandre du personnel infirmier qualifié étranger.

Le secteur des soins de santé tire la sonnette d’alarme face au manque flagrant de personnel infirmier qualifié en Flandre. Au mois de juillet, l’Office flamand pour l’emploi enregistrait encore toujours près de 1.300 postes vacants, alors que venait d’avoir eu lieu l’engagement des jeunes infirmiers et infirmières fraichement diplômés.

"Le manque de personnel infirmier commence vraiment à devenir visible", confirme l’ambassadrice flamande des soins de santé, Lon Holtzer. L’offre ne permet pas de combler la demande toujours croissante, et Holtzer y voit diverses raisons.

"De très nombreux infirmiers et infirmières qui travaillent actuellement approchent de l’âge de la pension. Nous sommes un marché du travail qui comprend beaucoup de personnes âgées de 55 ans et plus, mais aussi un très grand marché du travail qui grandit rapidement. Il est donc logique qu’il y ait beaucoup de places vacantes".

Maxime Anciaux - All rights reserved
Je pense que nous avons besoin de 3.000 infirmiers supplémentaires par an
Lon Holtzer

Et ces emplois vacants ne trouvent pas de main-d’œuvre qualifiée appropriée. L’offre est trop restreinte, alors que la demande ne cesse d’augmenter. "Je pense que nous avons besoin de 3.000 infirmiers et infirmières supplémentaires par an", estime Holtzer.

Les demandeurs d’emplois ont pourtant la possibilité de suivre des cours via le VDAB pour se reconvertir en personnel soignant, et trouver ainsi du travail. Mais le nombre de candidats qui arrivent sur le marché du travail via cette reconversion diminue d’année en année. Holtzer n’attribue pas ce phénomène au manque de motivation des demandeurs d’emploi, mais au fait d’une relance de l’économie.

"Etant donné que l’économie se porte mieux, le marché de l’emploi se vide progressivement. Il y a de moins en moins de gens qui cherchent du travail, ce qui limite le nombre de vacances qui se remplissent. Au fil des années, nous avons vu le nombre de personnes qui entament le métier d’infirmier avec un contrat du VDAB diminuer de 41%".

Il faut réfléchir à une politique de migration éthiquement responsable
Lon Holtzer

Alors, que faire ? Se tourner vers d’autres pays et recruter de la main-d’œuvre qualifiée étrangère ? "C’est difficile", admet Holtzer. "Dans les pays qui nous entourent, on connait le même problème de manque de main-d’œuvre qualifiée. Il n’est alors pas vraiment éthiquement responsable d’aller y embaucher des infirmiers.

Mais il reste dans régions dans le monde, comme par exemple l’Australie, les Philippines ou le Canada où il reste du personnel infirmier à la recherche d’un emploi. Nous devons donc réfléchir à une politique d’immigration qui soit éthiquement responsable", conclut Lon Holtzer.