Anvers veut renforcer ses liens avec le secteur diamantaire angolais

Alors que la république d'Angola produit environ 9 millions de carats de diamants par an, à peine 1 à 2% d'entre eux transitent actuellement par Anvers. L'Antwerp World Diamond Centre (AWDC), déterminé à augmenter ce pourcentage dans les années à venir, organisait e mardi une conférence sur la thématique à Luanda, capitale de l’Angola.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, présent dans la capitale angolaise pour une visite officielle, a pris part à ce symposium. "L'Angola est le cinquième producteur mondial de diamants et a un potentiel pour devenir encore plus important. Nos pays constituent des alliés naturels pour le commerce diamantaire", a souligné le chef de la diplomatie belge.

Si la plupart des pierres précieuses d'Angola prennent actuellement la direction de Dubaï, la situation pourrait évoluer à l'avenir. Présent à Anvers en juin dernier, le président angolais Joao Lourenço n'a d'ailleurs pas caché sa volonté d'intensifier la collaboration entre le secteur diamantaire de son pays et celui de la métropole.

Successeur de Jose Eduardo dos Santos qui a occupé le pouvoir pendant 38 ans, Lourenço a pris de nombreuses mesures pour donner un nouvel élan aux industries principales de son pays. Ces réformes, cruciales pour la diversification de l'économie angolaise, ont déjà eu des effets bénéfiques sur la production diamantaire. "Nous voulons conclure un partenariat stratégique et positif avec les institutions impliquées dans le commerce du diamant en Belgique", a insisté mardi le ministre angolais du Pétrole et des Ressources minérales, Diamantino Pedro Azevedo, lors de la conférence.

Depuis des décennies, la vitalité économique de l'Angola est fondée sur sa seule manne pétrolière, dont il est le deuxième producteur d'Afrique subsaharienne après le Nigeria. Les prix élevés du brut dans les années 2000 lui ont permis de bénéficier de taux de croissance flirtant avec les 20%.

Faute d'avoir diversifié son économie, le pays a toutefois plongé dans une grave crise financière, dont il peine à sortir, à la suite de la chute vertigineuse du prix de l'or noir à partir de 2014. Elu il y a un an, le président Joao Lourenço a promis d'être l'homme du "miracle économique".

Joao Lourenço avec le Premier ministre Charles Michel (photo archives)