Chaque jour, 30 familles flamandes sont menacées d’expulsion

Chaque année, des milliers de ménages doivent quitter leur logement, en Flandre. Ce sont des locataires qui ne sont plus en mesure de payer le loyer. Ils se réfugient chez des proches ou finissent dans la rue. Parfois, ils partent sous la contrainte judiciaire, souvent même, par crainte des frais de justice, avant que la médiation du CPAS ne puisse avoir lieu. Le magazine de reportage Pano (Eén - VRT) reviendra ce mercredi soir à 21h25 sur ce sujet.

Les chiffres relatifs aux expulsions sont publiés chaque année par l'Association des villes et communes flamandes (VVSG). Cette dernière recueille les données de tous les CPAS de Flandre.

Lorsque un propriétaire est confronté à un locataire qui ne paie plus son loyer, il peut s'adresser au juge de paix. Ce dernier contactera le CPAS pour trouver une solution par la médiation. Cela permet aux CPAS d’avoir une idée du nombre d'expulsions. "C'est troublant ", dit Nathalie De Bast de VVSG. "220 familles par semaine doivent entendre qu'elles perdront leur logement et ce chiffre est stable depuis des années. L'année dernière un peu moins, l'année précédente un peu plus et avant cela un peu moins.... il n'y a pas d'amélioration structurelle, le chiffre tourne toujours autour de 12.000 ménages par an".

Quelles sont les personnes qui se font expulser ?

Il n’est pas possible de classer ces personnes de manière claire. Il s'agit toujours de gens qui disposent de peu ou pas de réserve d’argent. En cas de revers, ils ne peuvent pas compter sur leur épargne ni sur l'aide de leurs parents ou d'autres membres de leur famille. Dans de nombreux cas, ils disposent en fait d’un revenu trop faible pour le marché locatif privé, mais ce sont tout aussi bien des personnes qui, de manière inattendue, ont des ennuis à cause, par exemple, d'un divorce, d'un licenciement ou d'une maladie.

Qu’advient-il de ces personnes ?

Le propriétaire de la maison s'adresse au juge de paix, qui communique avec le CPAS et lui demande de mener une médiation. Parfois, il est possible de mettre en place un plan d'échelonnement des paiements, un accompagnement peut aussi être fait afin que ces personnes puissent se maintenir en dehors du rouge.

Mais dans la pratique, cela s'avère généralement infructueux. Le conflit entre locataire et propriétaire est souvent déjà trop important. De plus, certains quittent leur logement avant que la médiation n’ait commencé. Ils craignent des frais de justice qui pourraient les endetter encore plus.

Après leur expulsion, ils se retrouvent ou bien chez de la famille ou chez des amis dans une situation de dépendance peu enviable. D'autres finissent au refuge pour sans-abri ou littéralement dans la rue.

Que disent ces chiffres encore ?

La pauvreté est un problème en Flandre. Peu de mesures structurelles sont prises. Le VVSG, les organisations de lutte contre la pauvreté et des chercheurs le dénoncent depuis des années.

Ils réfléchissent également aux solutions possibles. Parfois, le gouvernement fait des promesses ou prend des engagements (comme réduire de moitié la pauvreté des enfants d'ici 2020), mais dans la pratique cela n'aboutit pas.

Les chiffres ne mentent pas à ce sujet : l'indice de pauvreté des enfants et des familles montre combien d'enfants de 0 à 3 ans grandissent dans la pauvreté. En 2017, l'indice de pauvreté infantile pour la Région flamande était de 13,76%, soit 0,94 % de plus qu'en 2016.