Ouverture d'une école secondaire islamique à Genk : Jan Jambon veut empêcher le projet

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA) a déclaré qu’il s’opposait à l’ouverture d’une école secondaire islamique à Genk. "Cela ne va pas dans la bonne direction", a-t-il commenté au micro de Radio 1 (VRT). "Nous devons voir comment nous pouvons empêcher cela", a-t-il ajouté. Dans une réaction, les responsables du projet ont déploré la polémique et les réactions polarisantes qui ont suivi l’annonce de cette ouverture. 

La commune limbourgeoise de Genk sera vraisemblablement la première commune flamande à accueillir une école secondaire islamique. Le bâtiment de l’école de formations professionnelles Syntra vient en effet d’être vendu à l’asbl Communauté Musulmane de Belgique, une association liée à l’organisation islamique européenne, Milli Görüs, qui détient déjà des établissements scolaires à Charleroi et à Schaerbeek.

A l’annonce de cet achat, Jan Jambon a demandé à la Sûreté de l’Etat d’enquêter sur ce projet, et plus particulièrement sur les flux financiers de l’organisation. 

Cela va totalement à l’encontre de notre modèle d’intégration.

Le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA)

"Je suis absolument opposé à cette école", a réagi le ministre de l’Intérieur au micro de la VRT. "Genk est un modèle d’intégration. Et qu’allons-nous faire à présent ? Ouvrir des écoles islamiques qui enseignent l’arabe et le turc. Cela va totalement à l’encontre de notre modèle d’intégration. Est-ce bien le chemin que nous désirons pour notre société", s’interroge Jan Jambon. "J’invite le bourgmestre de Genk et la ministre de l’Enseignement à voir comment il est possible d’empêcher cela. Car nous n’allons pas dans la bonne direction".

Quid de la liberté d’enseignement ? "Nous devons voir ce qu’il est possible de faire dans le cadre légal", a répondu Jan Jambon. 

"Des propos polarisants qui ne reflètent pas la réalité"

La Fédération islamique de Belgique (FIB), qui se trouve derrière le projet d’école à Genk, a depuis réagi à la polémique. Dans un communiqué de presse, l’organisation indique que le projet n’est pas encore élaboré. "A l’heure actuelle, rien n’est concrètement établi. La première étape consiste à récolter la somme en question. Et notre argent ne provient pas de l’étranger", peut-on lire. 

Les propos polarisants mènent à la haine et au conflit au sein de la population. 

La Fédération islamique de Belgique (FIB)

Pour "répondre aux citoyens inquiets", la FIB souligne qu’une école islamique est une école ouverte à tous, "qui respecte les programmes d’étude du ministère flamand de l’Enseignement, qui donne cours en néerlandais, et où les instituteurs possèdent un  diplôme belge".

L’organisation déclare en outre être en faveur d’une société pacifique. "Nous voulons souligner que ce sujet est médiatisé de façon négative, et a été déformé en polémique à l’avantage des élections communales, et à la défaveur de plusieurs bénévoles innocents. Les propos polarisants qui ne reflètent pas la réalité mènent à la haine et au conflit au sein de la population", conclut le communiqué.