Lettre ouverte de chorégraphes : "Nous ne détournerons plus les yeux"

Des dizaines de chorégraphes qui travaillent en Belgique se sont déclarés solidaires de l'appel lancé dans la lettre ouverte rédigée par d'anciens collaborateurs de Jan Fabre et de sa compagnie Troubleyn. Dans leur réponse sous forme de lettre ouverte, les chorégraphes se montrent aussi critiques face à leur propre attitude : "Nous ne détournerons plus le regard. Nous allons fournir un effort collectif afin de créer un climat de travail sain dans les arts de la scène".

Une vingtaine d'anciens collaborateurs de l'artiste flamand Jan Fabre ont dénoncé, dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière sur le site internet rekto:verso, des comportements inappropriés dans le chef du chorégraphe, metteur en scène de théâtre et sculpteur, notamment des faits d'intimidation et de harcèlement sexuel.

La lettre ouverte s'achevait par un appel à l'action: "Nous appelons la communauté artistique à soutenir ce dialogue et à s'y investir." Un appel entendu ce jeudi par les chorégraphes qui ont réagi sur le même site internet: "Nous prenons cette invitation très à cœur et nous apportons tout notre soutien et notre solidarité aux artistes et collaborateurs qui se sont exprimés ».

Les chorégraphes se montrent aussi critiques vis-à-vis d’eux-mêmes. « Pour résoudre les problèmes dans notre secteur nous devons d'abord le nommer ouvertement et le reconnaître. (...) Il est un fait que le sexisme, le harcèlement sexuel et l'abus de pouvoir surviennent dans tous les secteurs de la société et malheureusement aussi chez nous." "Nous présentons nos excuses pour chaque moment où nous n'avons pas réussi à témoigner notre solidarité aux collègues qui jouissaient de moins de force ou de privilèges dans ce système. Nous ne regarderons dorénavant plus ailleurs", ajoutent-ils.

Plaidoyer pour un examen éthique

Les chorégraphes - parmi lesquels figure notamment l’Anversois Sidi Larbi Cherkaoui (photo) qui dirige depuis 2015 le Ballet de Flandre - plaident également ouvertement en faveur d’un "examen éthique" lors de l’allocation de subsides aux compagnies et projets artistiques. Ils estiment donc que des considérations éthiques doivent intervenir dans le choix effectué par des commissions d’évaluation.

Les chorégraphes font explicitement référence au mouvement international de dénonciation #metoo et promettent de tout faire pour mettre fin à la culture du silence qui a régné si longtemps dans le secteur culturel.