foto Peter Hilz (C)

Tout comme Doel 4 et Tihange 2, Tihange 3 restera plus longtemps à l’arrêt

L’Agence fédérale du contrôle nucléaire estime que le redémarrage du réacteur 3 à la centrale nucléaire de Tihange (province liégeoise), prévu pour le 30 septembre, est prématuré. Il n’est pas encore clair quand il pourra être relancé. Ce retard risque de faire monter le prix de l’électricité pour les consommateurs, d’autant plus que des dégradations ont été constatées dans le béton des réacteurs Doel 4 et Tihange 2, qui resteront aussi plus longtemps à l’arrêt.

"D'un point de vue tant théorique que pratique, le redémarrage du réacteur Tihange 3 n'est pas faisable dans un délai de dix jours", indiquait jeudi soir le porte-parole de l’Agence fédérale du contrôle nucléaire (AFCN), Erik Hulsbosch, cité par le quotidien De Standaard. Selon le gendarme nucléaire, Engie Electrabel devrait reporter l'échéance début de la semaine prochaine.

Des dégradations du béton ont été détectées dans les bâtiments bunkerisés annexes au réacteur abritant des systèmes de secours de deuxième niveau. Tihange 3 est à l'arrêt depuis la fin du mois de mars.

Des problèmes similaires ont également été décelés sur les réacteurs de Doel 4 (Flandre orientale) et Tihange 2. Plus précisément c’est une dégradation dans le béton du bunker annexe à ces réacteurs qui a été constatée.

Des analyses sont en cours afin de poser un diagnostic correct et lancer les travaux de réparation. Selon Erik Hulsbosch, ceux-ci pourraient durer six mois. La disponibilité de ces réacteurs en hiver n'est donc pas garantie, souligne De Standaard.

Cinq des sept réacteurs nucléaires du pays sont à l’arrêt

Les réacteurs Doel 4 et Tihange 2 étaient déjà à l'arrêt pour des travaux d'entretien. L'interruption de Doel 4 était prévue jusqu'à la mi-décembre et celle sur Tihange 2 jusqu’à fin octobre. Aujourd'hui, seuls les réacteurs nucléaires de Doel 3 et Tihange 1 sont opérationnels.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le consommateur, en ce premier jour d’automne, car le prix de l’électricité devrait maintenant augmenter. La ministre fédérale de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR), estime cependant que l’approvisionnement du pays n’est pas mis en péril à l’heure actuelle.

"Il y a suffisamment de réserves grâce aux centrales à gaz, qui produisent à nouveau de l’électricité quand c’est nécessaire". La ministre considère cependant que les problèmes actuels aux centrales créent une situation comparable à une mini-sortie du nucléaire. "C’est un préambule à ce qui se passera en 2022, 2023 et 2025, lorsque nous abandonnerons progressivement l’énergie nucléaire. Cette transition énergétique coûtera de l’argent aux citoyens. J’ai toujours été sincère à ce sujet "

Etant donné que l’arrêt des réacteurs ne sera pas totalement compensé par l’énergie des panneaux photovoltaïques et des éoliennes, des centrales à gaz devront être construites dans un avenir proche, pour compléter la demande en électricité. "Le nouvelles centrales à gaz coûteront à chaque ménage 15 euros supplémentaires par an", précise la ministre Marghem (photo).

Jasper Jacobs