A Anvers, avoir un nom à consonance étrangère mène souvent à une discrimination au logement 

La location d’un logement demeure compliquée pour les personnes d’origine turque ou maghrébine à Anvers. C’est ce qui ressort d’une étude de terrain, réalisée par la plateforme Praktijktesten Nu et l’Université libre flamande de Bruxelles (VUB). Selon les résultats de cette enquête, 40% des personnes ayant un nom à consonance étrangère n’obtiennent pas de rendez-vous suite à la demande d’une visite, contrairement aux candidats portant un nom flamand. Des résultats remis en question par la N-VA, selon qui l’étude constitue du "marketing politique inspiré par les élections". 

Les chercheurs ont envoyé environ 1.000 mails à des bailleurs pour solliciter la visite d’un appartement dans la ville d’Anvers. Dans l’avant-midi, le courriel était envoyé par une personne ayant un nom turc ou magrébin. Durant l’après-midi, la demande était transmise par une personne portant un nom flamand.

Résultat : dans 4 cas sur 10, une réponse positive a été directement envoyée à la personne portant un nom flamand, alors que celle ayant un nom étranger n’en recevait aucune, ou se faisait signifier que le logement était déjà loué. Dans certains cas, le loueur posait en outre des questions supplémentaires qu’il ne posait pas aux candidats flamands.

D’après l’étude, dirigée par Pieter-Paul Verhaeghe (VUB), la discrimination au logement est davantage le fait de particuliers (50% des cas) que d’agences immobilières (30%).

Face à ces résultats, la plateforme Praktijktesten Nu appelle les autorités anversoises à suivre l’exemple de la ville de Gand et à mener à leur tour des tests de discrimination. D’après Sarah Scheepers, membre de la plateforme, les tests menés par l’administration gantoise ont en effet prouvé leur efficacité, la discrimination au logement étant passée de 26% à 14%. 

"Marketing politique inspiré par les élections"

Pour le président du CPAS d’Anvers, Fons Duchateau (N-VA), "toute discrimination qui est démontrable" est un problème. Il ne croit toutefois pas en l’efficacité des tests qui, d’après lui, n’augmenteront pas les chances d’accéder à un logement.

"Les gens seront invités à visiter un logement qu’ils n’obtiendront de toute façon pas au bout du compte", souligne-t-il au micro de Radio 1 (VRT). Selon Fons Duchateau, il faudrait davantage miser sur la sensibilisation. Le président du CPAS vise en outre un autre domaine : "en rendant les personnes actives, il est possible de les sortir de la pauvreté, et d’augmenter ainsi leur chance d’obtenir une habitation", avance-t-il.

Fons Duchateau dénonce en outre le timing de la parution de cette étude, à trois semaines des élections communales. Il qualifie ainsi l’enquête de "marketing politique inspiré par les élections".

Sur Twitter, sa collègue de parti, Liesbeth Homans, ministre flamande du Logement, remet également en doute l’interprétation des résultats l’étude : "Et c’est reparti ! Le racisme et la discrimination existent, mais en accuser 40% des Anversois est vraiment grotesque !", écrit-elle. "Les loueurs veulent recevoir leur loyer tous les mois. Logique non ? Choisir un locataire aux revenus stables n’est ni du racisme ni de la discrimination !", conclut-elle.