Jasper Jacobs

Risque de pénurie d’électricité : la ministre de l’Energie sous le feu des critiques

Alors que se profile un risque de pénurie d’électricité en novembre, période durant laquelle un seul réacteur nucléaire sera disponible, la N-VA, le SP.A, Groen et Ecolo pointent du doigt la responsabilité de la ministre Marie-Christine Marghem (MR). L’Open VLD exige pour sa part la mise en place immédiate d’une réserve stratégique. 

De la fin octobre à la fin novembre, la Belgique ne pourra compter que sur un seul de ses sept réacteurs nucléaires, les autres étant à l'entretien ou en proie à des problèmes de sûreté. Actuellement déjà, seuls deux réacteurs fonctionnent. Ce week-end, le Bureau du plan a évoqué un risque réel de coupures d'électricité dans certaines régions du pays durant les prochaines semaines.

"Une politique défaillante", a dénoncé le président du SP.A, John Crombez, qui s’exprimait sur les ondes de Radio 1 (VRT). Selon le chef des socialistes flamands, le gouvernement fédéral – MR et NV-A en tête – a tout fait depuis le début pour saboter le développement d’énergies alternatives. "La gestion du cabinet Marghem était dans les mains d’Eletrabel", a-t-il ajouté.

La responsabilité de la ministre fédérale de l’Énergie dans la probabilité "à la hausse de coupures d’électricité évoquée par le Bureau du Plan est énorme", a affirmé de son côté le député fédéral Ecolo, Jean-Marc Nollet.

Au nom du groupe Ecolo-Groen, celui-ci a précisé avoir demandé au président de la commission de l’économie de la Chambre d’organiser, en urgence, des auditions du Bureau du Plan, d’Elia, et la ministre Marghem.

"Madame Marghem porte une énorme responsabilité. Son aveuglement en faveur du nucléaire et du maintien en activités de Doel 1 et 2 fait que nous courrons un énorme risque de coupures non seulement en novembre, mais aussi en janvier et février, si Doel n’est pas relancé en décembre, une hypothèse qui n’est pas exclue", a commenté Jean-Marc Nollet.

La N-VA demande des explications

Le député N-VA Bert Wollants, spécialiste de l’énergie a de son côté exigé des explications de la part de Marie-Christine Marghem, notamment concernant la décision de ne pas constituer de réserve stratégique pour l’hiver.

"Lorsque cette décision a été prise, il n’y a eu que peu de critiques, aussi bien dans la majorité que dans l’opposition. Mais aujourd’hui, nous devons constater que la décision n’était pas bonne", a-t-il commenté au micro de la VRT. Bert Wollants demande dès lors qu’un débat soit organisé avec la ministre au sein du Parlement. 

L’Open VLD exige la mise en place d’une réserve

La présidente des libéraux flamands, Gwendolyn Rutten, exige de la ministre fédérale de l'Énergie qu'elle mette en place "immédiatement" une réserve stratégique permettant de garantir durant cet hiver la sécurité d'approvisionnement de l'électricité en Belgique. Le risque qu'il n'y ait, à un moment, plus de lumière cet hiver serait "inacceptable" aux yeux du parti. "Les gens et les entreprises doivent pouvoir passer un hiver tranquille", clame Gwendolyn Rutten.

L'Open VLD demande également avec insistance à la ministre MR de mettre en oeuvre le pacte énergétique prévoyant une sortie du nucléaire en 2025. "Tout est prévu dans le plan pour éviter ce type de risques à l'avenir", commente le député flamand Willem-Frederik Schiltz.

Marghem rejette les critiques

Suivant le dossier de très près, la ministre fédérale de l'Energie a affirmé dimanche procéder à une analyse de la situation engendrée par la mise à l'arrêt de l'ensemble des réacteurs nucléaires du pays, à l'exception de Doel 3 durant le mois de novembre. Elle en fera connaître les résultats sans attendre la tenue d'une commission parlementaire. Marie-Christine Marghem a en outre fermement rejeté les critiques formulées à son égard.

La ministre organise une conférence de presse à 17 heures. Indiquant que le Bureau du plan n'avait aucune compétence pour évaluer la situation, elle a ajouté être en contact avec le gestionnaire du réseau Elia et avec l'exploitant des centrales Engie dont elle analyse les données relatives à l'approvisionnement. Ce sont les conclusions de cette analyse qui seront présentées à la presse.