FLIP FRANSSEN

"Les 750 MW de Marghem ne suffiront pas : il va manquer jusqu’à 1 700 MW, cet hiver"

Selon les scénarios actuels, la pénurie en capacité électrique atteindra 1 600 à 1 700 MW cet hiver. Le quotidien De Standaard l’a appris de bonnes sources et l’information a été confirmée à la VRT.

La ministre fédérale de l’Energie Marie-Christine Marghem (MR) a annoncé mercredi matin avoir trouvé, avec Electrabel, une capacité supplémentaire de 750 MW".
Un accord de principe a ainsi été conclu entre Electrabel et la centrale au gaz de Vilvorde, qui n'était pas encore contractée, pour un total de 250 MW. Par ailleurs, au sein du parc de production thermique, l'entreprise a également la possibilité "d'upgrader" la puissance de production de certaines centrales. Electrabel peut en outre contracter avec la gestion de la demande pour 200 MW et bénéficier d'unités d'appoint, a précisé la ministre.

Mais pour la journaliste Nina Verhaeghe, spécialiste en énergie à la VRT, ce chiffre de 750 MW est symbolique et cette solution n’est pas suffisante pour contrer le risque en matière de sécurité d'approvisionnement cet hiver. Ce chiffre correspond en fait à la réserve stratégique de l'année dernière. "C’est comme si la ministre de l'Énergie Marghem voulait répondre aux critiques selon lesquelles elle n'avait pas constitué de réserve stratégique".

Ces 750 mégawatts ne suffiront pas à combler le manque en électricité. La VRT a appris de bonnes sources que la pénurie structurelle augmentera pour atteindre de 1.600 à 1.700 mégawatts cet hiver. Il y a donc toujours une pénurie de 1 000 mégawatts, ce qui correspond à la capacité d'une grande centrale nucléaire.

Marie-Christine Marghem s'explique devant le Parlement

Face au Parlement, ce mercredi, la ministre a répété ses propos mais n'a pas convaincu l'opposition selon qui le gouvernement fédéral récolte ce qu'il a semé après avoir renforcé Electrabel, un opérateur devenu incontrôlable.

Pour l'opposition, au-delà d'Engie-Electrabel, c'est la responsabilité de la ministre Marghem qui est engagée face au risque de coupures de courant.

L'opposition regrette que la ministre n'ait pas touché aux méthodes de planification des entretiens des centrales de manière à les rendre plus prévisibles. Une Task Force réunissant Engie, la CREG, Elia et les cabinets du Premier ministre et de la ministre Marghem se penche sur cette question.

Outre le problème de la sécurité d'approvisionnement, celui de sa conséquence sur le coût de l'électricité pour le consommateur est également évoqué. La ministre a répété que le cabinet d'avocats mandaté analysait la possibilité juridique de faire porter les éléments de la facture liés à la responsabilité d'Electrabel à charge de l'opérateur. Mais selon elle, l'envolée générale des prix sur le marché était déjà en cours, partout en Europe, en lien avec la transition énergétique.

La ministre a accueilli positivement la demande de l'opposition de remettre le taux de TVA sur l'électricité à 6% plutôt qu'à 21%, comme l'avait fait le gouvernement précédent. Mais elle a rappelé qu'elle n'était pas seule au gouvernement.