Yorick Jansens

"La Belgique risque aussi une pénurie d’électricité en janvier et en février"

D’après le gestionnaire du réseau de transport d’électricité Elia, les problèmes d’approvisionnement en électricité prévus durant le mois de novembre suite à l’arrêt de six des sept réacteurs nucléaires, sont plus importants que prévu. Une pénurie pourrait ainsi également toucher le pays en janvier et en février. Engie Electrabel envisagerait à présent d’anticiper et de raccourcir l’entretien de la centrale de Tihange 1. 

"Nous sommes les experts en sécurité d’approvisionnement, donc toutes les options qui nous sont proposées - les 750 MW de la ministre inclus – seront testés", explique la porte-parole d’Elia, Marleen Vanhecke, au micro de la VRT. "On verra alors si la capacité est solide, quelle effet elle aura sur la sécurité d’approvisionnement, et dans quelle mesure nous pourrons fermer le trou que nous constatons actuellement".

Un risque tout l’hiver

D’après Elia, novembre est le mois le plus critique, car six des sept centrales nucléaires ne seront pas opérationnelles. "L’importation est à ce moment-là disponible. Mais ce facteur est variable", explique encore Marleen Vanhecke. "On ne peut donc avoir aucune certitude aujourd’hui".

"Ce que l’on sait en revanche, c’est qu’en janvier et en février, lorsqu’il fait froid en France, la capacité d’électricité que nous pouvons importer diminue", poursuit-elle. "Novembre est donc critique, mais janvier et février peuvent l’être aussi, si rien ne change dans le marché, et si nous ne parvenons pas à garantir que ces 1.600 à 1.700 MW supplémentaires soient trouvés". 

Périodes critiques

Elia cherche actuellement à déterminer avec précision à quels moments les problèmes risquent de se poser, et comment limiter ces périodes. "Nous ne voulons pas passer l’hiver en mode de crise", souligne Marleen Vanhecke. "Elia va donc calculer quels jours, et quelles semaines sont les plus critiques. Nous pourrons ainsi nous concentrer dessus pour nous assurer qu’à ce moment-là, les lumières ne s’éteindront pas", poursuit-elle.

"Aujourd’hui, nous n’avons pas encore cette sécurité", ajoute encore la porte-parole d’Elia. "Nous ne pouvons pas dire que nous allons activer le plan de délestage. Mais avec les données que nous possédons aujourd’hui, nous ne pouvons pas non plus être à 100% sûrs que cela n’arrivera pas", conclut-elle.