Charles Michel lance un appel vibrant pour une alliance sacrée Afrique Europe

Le Premier ministre belge a défendu jeudi à la tribune des Nations Unies à New York un ordre mondial multilatéral et reposant sur des règles. Charles Michel prenait ainsi le contre-pied du président américain Donald Trump. Il a également lancé un appel vibrant en faveur d’une alliance sacrée entre l’Afrique et l’Europe.

"La confiance et la coopération entre les nations souveraines supposent le respect de la parole donnée et l'exécution des engagements pris. L'Histoire a montré que la loi du plus fort, dans la durée, ne protège aucun peuple. Et que toujours, les solutions les plus durables sont celles qui sont équilibrées et largement acceptées", a déclaré Charles Michel (MR) lors de son discours devant la 73ème Assemblée générale de l'ONU.

"Et baser l'ordre international sur les règles. C'est cela qui doit former le moteur du multilatéralisme", a ajouté le chef du gouvernement fédéral. Il a également déploré qu'"en quelques mois, l'accord nucléaire avec l'Iran, des accords commerciaux ou encore l'accord de Paris sur le climat ont été rompus par une partie signataire" - sans jamais citer les Etats-Unis. "Les actes unilatéraux, brutaux et imprévisibles, rendent le monde plus dangereux. Ils provoquent déséquilibres et frustrations. Ce sont toujours les germes des conflit", a encore déclaré Michel.

"Qui peut croire que l'addition des 193 souverainetés nationales représentées ici et agissant chacune de manière unilatérale, produirait comme par miracle une réponse vertueuse et efficace à nos défis communs? ", s'est-il interrogé, en qualifiant cette option d'"illusion". Il a par contre prôné l'approche multilatérale chère à la diplomatie belge. "Bien sûr le multilatéralisme exige des efforts et de la patience. Bien sûr il peut y avoir des échecs et parfois des reculs. Mais le multilatéralisme est le seul chemin pour éradiquer la pauvreté, pour mettre les terroristes hors d'état de nuire, ou encore pour préserver les ressources naturelles de notre planète", a fait valoir le Premier ministre.

La Belgique membre non permanent de Conseil de sécurité de l’Onu

La Belgique siègera à partir du 1er janvier prochain pour deux ans comme membre non permanent du Conseil de sécurité, l'organe qui est censé garantir la paix et la sécurité internationales, alors que les cinq "grands", membres permanents, sont profondément divisés sur des questions comme la guerre en Syrie ou la gestion du dossier iranien.

"Nous serons à la hauteur de cette marque de confiance. Nous veillerons à multiplier les dialogues avec l'ensemble des acteurs. Nous voulons nourrir un débat respectueux et transparent afin de nourrir l'esprit de confiance entre nous", a assuré Charles Michel en énumérant plusieurs des priorités de la diplomatie belge: la prévention des conflits, la protection des civils dans les conflits armés et la lutte contre l'impunité.

Le Premier ministre, qui a rencontré à New York tant son homologue israélien Benjamin Netanyahu que le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a déploré que le processus de paix au Moyen-Orient soit au point mort. Il a rappelé le soutien des Européens en faveur de la solution à deux Etats indépendants "vivant en paix, côté-à-côte, avec Jérusalem comme capitale partagée".

Le Premier ministre Michel a par ailleurs lancé un appel vibrant pour une alliance sacrée entre l’Afrique et l’Europe. "Une alliance solide et durable pour le développement de nos deux continents. Au service de nos peuples. Une alliance pour des investissements, pour du commerce, pour des emplois en Afrique et en Europe", a-t-il suggéré, rejoignant sur ce point le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "En dix ans, nous pouvons, si nous le voulons, constituer un espace de prospérité inégalé et sans précédent", a-t-il souligné.

Charles Michel s'est encore dit favorable à une meilleure gestion des flux migratoires, en rappelant que de tous temps les êtres humains se sont déplacés. "Il s'agit de le gérer de manière ordonnée pour faire reculer les peurs, les tensions et les conflits. Il faut retirer la migration des griffes des passeurs et des trafiquants d'êtres humains, abjectes esclavagistes des temps modernes", a noté le chef du gouvernement. Il a encore assuré que la Belgique maintiendrait son engagement en faveur d'une "prospérité durable".

"Elle ne peut plus être fondée sur une exploitation frénétique et égoïste de nos ressources naturelles si précieuses. Océans, biodiversité, qualité de l'air, santé, sont des biens précieux qu'il faut chérir et respecter". Le Premier ministre s'en est également pris à "l'entêtement de certains à nier la réalité des changements climatiques (qui) est du même ordre de l'entêtement de ceux qui hier niaient que la terre était ronde".