Laurie Dieffembacq

Les citoyens flamands plus positifs que leurs politiques à propos des migrants

Si l’on en croit une étude réalisée par l’Université de Gand et les constatations effectuées par sa consœur, l’Université Catholique de Louvain (KU Leuven), les politiques flamands transmettraient une image très unilatérale de la migration. Ces discours politiques ne reflèteraient cependant pas vraiment ce que pense une grande majorité de citoyens flamands sur le sujet. Ils se montrent plus neutres et nuancés. La coupole des ONG et associations belges engagées dans la solidarité internationale - 11.11.11 - demande donc aux responsables politiques de nuancer leurs propos et débats.

Les chercheurs de l’Université de Gand ont analysé des articles de journaux, les journaux télévisés des médias flamands, ainsi que les médias sociaux Twitter et Facebook. Ils ont aussi examiné les déclarations de politiciens représentatifs pour leur parti, ainsi que les points de vue publiés par les bureaux de partis. Il en est ressorti que les politiques flamands communiquent de façon très unilatérale au sujet des réfugiés et migrants. Ils choisissent soit l’image de l’intrus, soit celle de la victime.

Mais l’interprétation la plus courante de la réalité serait celle de l’intrus. Tous les migrants ou réfugiés y sont présentés comme une menace pour notre société. Ce serait le cas dans l’entièreté des communications émanant du parti d’extrême-droite Vlaams Belang. Mais également chez la N-VA c’est l’image qui prévaut, indique le professeur Sarah Van Leuven de l’UGent. Le parti nationaliste flamand utilise ainsi dans 82% des cas l’image de l’intrus, dans 8% l’image de la victime et dans 7 % une notion d’avantages partagés par les deux parties.

La moitié de toutes les déclarations politiques sur l'immigration analysées par les chercheurs gantois était issue de la N-VA, dont une majorité provenait du Secrétaire d'Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken (photo). Les autres partis suivent, loin derrière.

Les chercheurs ont aussi analysé la manière dont les politiques présentent leur point de vue. Le plus souvent, l'immigration est dépeinte comme une menace pour le pays et la population, surtout par le Vlaams Belang et la N-VA, tandis que l'Open VLD, le SP.A, le CD&V et Groen présentent plutôt les migrants comme "victimes" sept fois sur dix.

Toutefois, la majorité des citoyens répondants optent spontanément pour l'image de victime. La coupole de ONG, 11.11.11, appellent donc les politiques flamands "à débattre de façon moins unilatérale sur le thème de la migration", indique Bogdan Vandenberghe. "La migration a de nombreuses facettes et les Flamands semblent s’en rendre compte. Il serait enrichissant de nuancer davantage de débat. Le ton est en effet devenu très dur "

La coupole 11.11.11. lance également une campagne de sensibilisation via des affiches.