Le parc aquatique bruxellois Océade ferme définitivement ses portes

Dernier jour de glissades à Océade, sur le plateau du Heysel à Bruxelles. Au terme de 30 années d’exploitation, le lieu spécialisé dans les toboggans fermera ses portes ce dimanche et videra ses piscines, après la sortie de ses derniers clients à 21h. Un petit drink est prévu pour le personnel, mais pas d'évènement sortant de l'ordinaire pour le reste, a indiqué l'administrateur délégué Thierry Meeùs.

À l'été 1988, un groupe français qui possédait déjà un parc aquatique à Strasbourg ouvrait les portes d’Océade au pied de l’Atomium, à la suite d'un investissement de 10 millions d'euros. Bien que l’attraction ait pris un départ en flèche, elle enregistra rapidement des résultats financiers peu satisfaisants.

En 1992, le complexe était racheté par Eddy Meeus, créateur du parc d’attraction wallon Walibi. A ce moment-là, le groupe Walibi coté en bourse possédait déjà Aqualibi, Bellewaerde et Mini-Europe, et était en train d’investir à l’étranger. La famille Meeus annonçait cependant en 1998 la reprise du groupe par les Premier Parks américains. Ces derniers revendaient peu après Mini-Europe et Océade. Thierry Meeus, fils d’Eddy, décida alors d’acheter lui-même ces deux attractions au Heysel.

Au cours des 30 dernières années, Océade est devenu la troisième attraction touristique la plus visitée à Bruxelles. Elle a accueilli un total de 7 millions de visiteurs dans sa piscine tropicale, ses vagues, ses toboggans et 140m de long, ses hammans, saunas et solariums. Parmi ces visiteurs, 3.200.000 étaient des Bruxellois.

Place à NEO sur le plateau du Heysel

Avec l’arrivée d’un nouveau projet de magasins, d’habitations et de bureaux - baptisé NEO - sur le plateau du Heysel, l’avenir d’Océade a basculé. Alors que Mini-Europe poursuivra ses activités jusque 2020 au moins, Océade fermera définitivement ses portes ce 30 septembre. Cinq des 24 membres du personnel pourront travailler à Mini-Europe.

Le parc aquatique, dont les équipements étaient vendus jeudi aux enchères, a été entièrement racheté par une entreprise roumaine, celle-là même qui avait déjà acquis les toboggans du parc bruxellois un peu plus tôt dans le mois. L'ensemble des lots, toboggans inclus, ont été attribués pour un montant total de plus de 250.000 euros.

Océade a été liquidé en deux temps, avec d'abord la vente de tous les toboggans du parc comme premier gros lot. Ceux-ci ont été vendus à une société roumaine au prix de 152.000 euros. Venait ensuite la vente aux enchères des lots séparés - parmi lesquels les décors, les filtres et pompes des piscines et attractions, l'équipement horeca, le mobilier des vestiaires, les saunas, etc. - qui a pris fin jeudi.

L'ensemble de ces lots ont été attribués à la même société roumaine pour plus de 100.000 euros. Le parc aquatique Océade déménage de cette manière intégralement en Roumanie, où il devrait s'installer dans la région de la capitale Bucarest. Le fait que l'ensemble des lots en vente aient été acquis par un seul acheteur ne signifie pas pour autant qu'aucune autre entreprise n'était intéressée. Au contraire, pas moins de 880 candidats-acheteurs issus de tous les coins du monde se sont manifestés lors des enchères.

"C'est plutôt rare qu'un acheteur s'empare de toute une entreprise par le biais d'une vente aux enchères. Cela n'arrive qu'une fois tous les deux, trois ans", a commenté Joos Dauwe de chez Troostwijk Auctions, la société qui s'occupait de la vente aux enchères en ligne.

Dieter Nijs