Débat animé des 6 présidents de partis flamands face aux étudiants de l’UGent

Les présidents des six plus grands partis flamands étaient invités ce mardi pour la rentrée universitaire en sciences politiques à l'Université de Gand. La proximité de certains candidats aux élections du 14 octobre avec des mouvements d’extrême-droite comme Schild & Vrienden, ou avec le mouvement turque les loups gris a fait l’objet de questions d’étudiant.

Un étudiant a ainsi demandé à la présidente de Groen Meyrem Almaci et à John Crombez (SP.A) s’ils pouvaient garantir qu’aucun des candidats figurants sur leur liste n’avaient de liens avec l’organisation d’extrême-droite turque les Loups gris.

Meyrem Almaci (Groen) et John Crombez (SP.A) ont tous deux réagi très vivement.  "C’est un parfait exemple de polarisation, parce que c'est complètement faux", a dit Almaci, "il n'y a personne sur une liste Groen qui est concerné par cela. J'ai parlé à toutes les personnes qui ont été mentionnées, ce n'est pas vrai. C’est incroyable de voir comment on crée une atmosphère pour détourner l'attention d'un phénomène comme Schild & Vrienden vers d'autres partis. On dit nous sommes sales, alors tout le monde est sale. Sauf que ce n'est pas vrai, soyons clairs à ce sujet".

John Crombez partage son avis. "Il est frappant de constater que depuis l'émoi provoqué par Schild & Vrienden, ces questions sont soudainement posées. Nous n'avons aucun problème avec nos candidats. Si c'était le cas, ils seraient exclus, comme je l'ai prouvé dans le passé ", dit Crombez. Il faisait référence à un mandataire socialiste expulsé du parti après être allé trop loin sur la question turque.

Les différents partis se sont accusés l’un, l’autre d’hypocrisie. Le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken a déclaré à Meyrem Almaci : "Vous êtes la meneuse de la chasse aux sorcières sur Schild & Vrienden. Mais il a ajouté qu’elle appliquait la règle des deux poids deux mesures, "lorsqu’un mandataire est de droite il doit ramper dans la poussière mais s’il est de gauche vous lui faite confiance".

Le président de la N-VA Bart de Wever a donné raison à Tom Van Griecken, et s’est adressé à Meyrem Almaci : "La droite ne s’allie pas avec des extrémistes c’est une bonne chose mais vous vous gouvernez avec des communistes à Borgerhout et ça je ne pense pas que ce soit normal. A gauche il n’y a pas de ligne rouge. Vous devriez d’abord balayer devant votre propre porte".

Wouter Becke, le président du CD&V s’adresse alors à Tom Van Grieken : "Vous êtes ici pour donner la leçon aux autres, pour dire qu'ils doivent réagir rapidement, mais vous prenez vous-même beaucoup de recul. Pratiquez ce que vous prêchez". Wouter Beke faisait référence à l’artiche dans Het Laatste Nieuws, révélant que 15 membres du Vlaams Belang avaient des sympathies nazies.

Gwendoly Rutten (Open VLD) y fait également allusion. "Nous sommes ici depuis plus de deux heures maintenant, le journal dit qu'il y a des membres du Vlaams Belang qui sont admirateurs d’Hitler", dit Rutten et elle se tourne vers Van Griecken "Je veux que vous me disiez clairement que vous prenez vos distances par rapport à tout cela. Sinon, ne demandez plus pourquoi nous ne voulons pas collaborer avec vous".