Un 10e volet au plan contre la transmigration, pour inciter à la demande d’asile

Le Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA, photo), a ajouté un dixième chapitre à son Plan de lutte contre la transmigration. C’est ce qu’il a indiqué mardi en commission de l'Intérieur de la Chambre. Il veut inciter les personnes en séjour irrégulier, interpellées, à demander l'asile. Il examine également la piste d'une demande asile implicite.

Le plan présenté il y a une vingtaine de jours au conseil des ministres vise à appréhender le phénomène des migrants de passage en Belgique pour tenter de gagner la Grande Bretagne. Lorsqu'ils sont interceptés par les autorités belges, la plupart du temps, ces migrants ne veulent pas demander l'asile en Belgique parce qu’ils veulent absolument franchir la Manche, a rappelé le Secrétaire d'Etat.

L'Office des étrangers a pourtant déployé des efforts importants pour informer les migrants et diffusé, entre autres choses, des brochures dans plusieurs langues. En vain jusqu'à présent, constate Theo Francken.

Or, certains de ces migrants, originaires notamment d'Erythrée, du Sud-Soudan ou de Somalie, sont difficilement rapatriables en raison des mauvais traitements qu'ils risquent de subir en cas de retour. Et parmi eux, il en est qui sont dans un tel état physique qu'il est dangereux de les laisser poursuivre leur route. M. Francken a cité le cas d'une jeune femme enceinte de 8 mois arrêtée lundi soir lors de l'opération menée en Brabant flamand.

Si ces migrants refusent à la fois de demander l'asile en Belgique et d'être renvoyés dans leur pays, l'Office des étrangers pourrait considérer qu'ils ont implicitement introduit une demande d'asile. Le Secrétaire d'Etat a sollicité un avis auprès de la Commission européenne qui n'a pas dit non, mais a mis en garde contre les risques juridiques d'une telle mesure, a expliqué Francken en marge de la séance parlementaire. Le point pourrait être inscrit vendredi au conseil des ministres.

Le Secrétaire d'Etat souhaite également finaliser les solutions évoquées il y a dix jours pour augmenter la capacité de détention en centre fermé. Deux pistes avaient été évoquées: l'utilisation de casernes et un "ponton", soit une infrastructure flottante amarrée à un quai.