Robert Henno

La peste porcine africaine a-t-elle été importée par des militaires?

Trois cadavres de sangliers ont découverts dans l'enceinte du camp militaire de Lagland, près d'Arlon, en province de Luxembourg. Deux  d'entre eux ont été testés positif au virus de la peste porcine africaine. L’information, rapportée par la RTBF, a été confirmée par la Défense.  Une de ces bêtes serait l’un des premiers sangliers atteint par la peste porcine, ce qui pourrait signifier que le virus a été introduit dans le pays via des militaires belges actifs en Europe de l’Est et dans les pays baltiques. 

Une de ces carcasses aurait été découverte le 21 septembre et se trouvait à l'état d'ossements, ce qui pourrait indiquer que la mort datait de deux à quatre semaines auparavant. Il pourrait sonc s'agir de l'un des premiers sangliers positifs au virus.

 "Cette découverte ne remet nullement en cause la méthodologie ni le dispositif mis en place jusqu'à présent", souligne le porte-parole du ministre wallon de l'Agriculture René Collin.

Le camp militaire de Lagland se trouve dans les 63.000 hectares de forêt touchés par l'interdiction de circuler dans le cadre de la gestion de la peste porcine africaine. Le nombre de carcasses de sangliers contrôlées positives au virus de la peste porcine africaine est passé à 44 vendredi.

Les questionnements demeurent

Alors qu’initialement, les soupçons s’étaient portés sur les chauffeurs de poids lourds et les travailleurs d’Europe de l’Est, une nouvelle thèse est désormais ouverte quant à l'origine du virus. La découverte laisse en effet penser que la peste porcine africaine a été importée par des militaires.

Quoi qu’il en soit, la Défense a assuré à la rédaction de la VRT que les mesures nécessaires ont été prises pour éviter que la maladie ne se propage. 

Manœuvres à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre

Depuis plusieurs semaines, les manoeuvres et entraînements ont été mis à l'arrêt jusqu'à nouvel ordre dans le camp militaire de Lagland. Selon la Défense, le matériel est en cours de décontamination.  "Les entraînements sont déplacés vers d'autres camps", affirme dimanche le commandant de la composante Terre, Marc Thys. "Nous suivons les règles définies par les autorités wallonnes", poursuit le commandant, selon qui les activités pourraient être suspendues jusqu'au Nouvel An.

Le camp a pour mission d'offrir une infrastructure d'entraînement aux troupes de combat et de reconnaissance. La reprise des activités dépendra "des directives de la Région wallonne", a ajouté Marc Thys.