Les néerlandophones attirés par les communes branchées de Bruxelles

C’est à Saint-Gilles (photo), Ixelles, Etterbeek et Forest que le nombre de néerlandophones a le plus augmenté, au cours des six dernières années. Ailleurs, en Région de Bruxelles-Capitale, dans les communes "historiquement plus néerlandophones", leur nombre a plutôt stagné. 

Dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale, c’est la règle du libre choix des individus en matière linguistique qui est en vigueur. Chaque individu a donc le choix de demander une carte d’identité dans sa langue, que ce soit le français ou le néerlandais.  

Le nombre d’habitants ayant une carte d’identité en néerlandais a diminué au cours de la dernière décennie en Région de Bruxelles-Capitale.  Mais d’après les chiffres fournis par le média Bruzz, à la demande des partis politiques, cette tendance à la baisse a pratiquement cessé.  Entre 2012 et 2018, le nombre d'électeurs néerlandophones à Bruxelles est passé de 47.200 à 46.850, soit une baisse inférieure à 1%.

Le fait que cette diminution a cessé est en soi remarquable. En effet ce groupe s’était réduit comme une peau de chagrin avant les élections de 2009, il y avait encore 55.000 néerlandophones inscrits sur les listes électorales. Mais la part des électeurs néerlandophones a chuté de 7,6 % à 7,3 % du total, au cours des six dernières années. 

Il est intéressant aussi d’examiner dans quelles communes habitent le plus de néerlandophones de Bruxelles. Les différences entre les communes semblent être très importantes. 

Des communes branchées qui attirent les étudiants semblent être aujourd'hui les plus populaires. En pourcentage, la première est Saint-Gilles, cette commune enregistre une augmentation de 28%, du nombre de néerlandophones aux cours des six dernières années, soit une hausse de 350 personnes. Ixelles enregistre + 19%, Etterbeek +18% et Forest +6%. En chiffre absolu c’est Schaerbeek qui est la commune la plus prisée avec 560 néerlandophones en plus (+13%).

Les communes bruxelloises qui comptent traditionnellement le plus de néerlandophones enregistrent la diminution la plus nette. Ainsi à Berchem-Sainte-Agathe c’est -19%, suivie de Ganshoren -16% et Anderlecht -13%.

Le démographe de la VUB, Patrick Deboosere voit une explication à cette évolution. "Les jeunes Flamands -nouveaux venus- s'installent principalement dans des communes centrales et branchées. Pour Ixelles et Etterbeek, la proximité de la VUB joue certainement un rôle. De nombreux étudiants s'inscrivent dans la municipalité pendant ou peu après leurs études".

Ixelles est aussi une commune très attractive pour les jeunes Flamands, avec une vie nocturne et des quartiers branchés. L’échevine flamande d’Ixelles confirme cette tendance. "J'ai fait au moins 100 mariages au cours de la dernière législature ", a déclaré Maité Morren (SP.A).  

On fait la même constat à Saint-Gilles qui est devenue ces dernières années la commune la plus prisée de la région de Bruxelles. 

"Forest est une commune qui bénéficie de la proximité de Saint-Gilles, mais aussi des nouvelles impulsions autour du centre d'art contemporain Wiels ", explique Deboosere. "Et Schaerbeek a aussi un certain nombre d'atouts. Il y a la proximité de la VRT et les bonnes correspondances de tram avec la VUB. De plus, vous y trouvez encore des logements à des prix plus ou moins abordables".

C'est le vieillissement de la population qui fait qu'il y a moins de néerlandophones

Les communes où le nombre de néerlandophones diminue ont beaucoup moins d'attrait pour les jeunes. Dans des communes comme Berchem-Sainte-Agathe, le déclin reflète principalement le vieillissement de la population néerlandophone.

"Et puis il y a l'effet des vases communicants ", dit Deboosere. "Jette, par exemple, attire une nouvelle population néerlandophone, mais le vieillissement de la population existante est encore plus important. A Bruxelles-ville, vous constatez le contraire. Le rajeunissement flamand dans le centre est plus important que le vieillissement dans la périphérie nord de la ville".