Qui sont les gagnants et les perdants de ce scrutin communal en Flandre ?

Le SP.A a essuyé les plus grandes pertes au nord du pays. Malgré le succès de la N-VA, les vrais vainqueurs de ces élections sont Groen et le Vlaams Belang, qui enregistrent les plus importantes progressions.    

Face au net recul des socialistes flamands, on peut se demander ce qu’il adviendra de leur président. Sur le plateau de la VRT, John Crombez a encore tenté de sauver les meubles, en insistant sur le fait que son parti avait progressé à Turnhout, et que leur candidat à Hasselt avait fait mieux que prévu. "Nous avançons dans 60 communes", a-t-il insisté. A Louvain et à Vilvorde, le SP.A est parvenu à rester le plus grand parti.

Les faits sont toutefois là : Crombez risque bien de perdre Gand. Bruges est désormais entre les mains du CD&V, alors qu’ailleurs, les résultats sont décevants, notamment à Genk, Hasselt et Lommel. Même à Ostende, Johan Vande Lanotte n’est pas assuré de garder son écharpe maïorale.

Avant les élections communales, le président du SP.A avait lié son destin à celui des résultats de son parti dans les villes centres. On peut se demander si face à cet échec, il maintiendra sa décision, les prochaines élections, régionales et fédérales, arrivant à grands pas.  

Les vrais gagnants : Groen et le Vlaams Belang

Si ces élections communales avaient été régionales, le parti d’extrême droite flamand aurait gagné pas moins de 10 sièges supplémentaires au Parlement flamand. Pas étonnant donc d’entendre le président du Vlaams Belang clamer la victoire. "Het Vlaams Belang is back", a scandé Tom Van Grieken devant ses partisans.

D’après les résultats, le VB ne recule effectivement nulle part. Alors que le débat sur la migration domine la scène, on peut s’attendre à une avancée encore plus forte en mai prochain.

De son côté, Groen a également revendiqué une large victoire. A Louvain, le parti écologiste s’est démarqué. Ailleurs aussi, les verts ont parfois atteint les 20%. A Anvers, la liste du candidat bourgmestre Wouter Van Besien a doublé son score. Un résultat insuffisant toutefois pour faire basculer la coalition de Bart De Wever.

A Gand enfin, Groen perd des plumes dans le cadre de son cartel avec les socialistes. Résultat : les verts flamands ont effectivement de bons résultats, mais il ne s’agit toujours pas de la grande percée attendue. 

L’Open VLD s’en sort bien

Les libéraux flamands peuvent, eux aussi, se réjouir. A Malines et à Courtrai, les bourgmestres en place, Bart Somers et Vincent Van Quickenborne, rempilent haut la main. A Ostende, Bart Tommelein pourrait, par un tour de négociations habiles, ravir le maïorat au socialiste Johan Vande Lanotte. A Gand, c’est également un libéral qui pourrait s’imposer : Mathias De Clercq est effectivement en passe de prendre la main.

Dans les plus petites villes, la présidente de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten, et le ministre Alexander De Croo obtiennent un excellent résultat à Aarschot et à Brakel. De son côté, Maggie De Block ne peut toutefois partager ce même succès. 

Le CD&V limite la casse, la N-VA confirme

Les résultats des élections révèlent également que le CD&V est parvenu à limiter la casse. Les chrétiens démocrates ont réussi à garder leur emprise en dehors des villes. En Flandre occidentale et dans le Limbourg, la N-VA n’est pas parvenue à l’emporter sur le parti de Wouter Beke.

Les nationalistes flamands sortent, eux aussi, confiants. Anvers et sa région se pare globalement de jaune, alors que tous ses représentants venus du niveau fédéral recueillent un joli score.

Notons que si ces élections se jouaient au niveau régional, le parti de Bart De Wever perdrait dix sièges, et aurait dès lors mathématiquement davantage besoin de l’Open VLD dans la prochaine coalition flamande.