Le trafiquant d’armes Jacques Monsieur condamné à 4 ans de prison ferme

La cour d'appel de Bruxelles a condamné ce vendredi Jacques Monsieur (photo archives) à quatre ans de prison ferme et à 1,2 million d'euros d'amende pour une dizaine de ventes illicites d'armes et de matériel de guerre, entre 2006 et 2009. Il a été reconnu coupable d'avoir servi d'intermédiaire dans des ventes de fusils d'assaut, de cartouches, d'avions de chasse et de chars à destination notamment du Tchad, de l'Iran, de l'Indonésie et de la Mauritanie. Monsieur avait soutenu avoir cessé ses activités de marchand d'armes depuis le début des années 2000, mais disait avoir été recontacté par d'anciennes connaissances du milieu. En première instance, Monsieur avait été condamné à 3 ans d’incarcération et 300.000 euros d’amende.

"Le prévenu manque de toute crédibilité lorsqu'il affirme n'être qu'un intervenant ponctuel, sollicité en raison de son carnet d'adresses", a établi la cour. "Il s'est installé dans la délinquance nonobstant les avertissements sérieux que la justice lui adressa", a-t-elle poursuivi, rappelant que Jacques Monsieur était en état de récidive légale.

"Alors qu'il fut libéré sous conditions par le tribunal de Grande instance de Bourges, le 13 juillet 2005, dont celle de s'abstenir de 'recevoir, de rencontrer, d'entrer en relation de quelque façon que ce soit, notamment avec U.-B., D. et I. (anciens contacts de Jacques Monsieur dans le cadre de ventes d'armes)', le prévenu n'en eût cure puisqu'il multiplia les contacts avec ces personnes à peine quelques mois plus tard, manifestant de la sorte le mépris qu'il a, nonobstant un discours policé, pour les décisions de justice", a souligné la cour.

Jacques Monsieur, un fils de notaire du Brabant flamand, âgé de 64 ans, était prévenu pour avoir vendu des armes à destination de pays comme le Tchad, l'Iran, l'Indonésie, la Mauritanie, le Pakistan et la Guinée-Bissau, sans en avoir l'autorisation. Il est question de la vente de milliers de fusils d'assaut, de millions de cartouches mais aussi d'avions de chasse, de chars d'assaut et d'hélicoptères.

Jacques Monsieur avait affirmé qu'il ne vendait plus d'armes depuis le début des années 2000, mais qu'il avait ensuite encore été régulièrement contacté par d'anciennes connaissances du milieu et qu'il avait accepté de les aider occasionnellement. Par ailleurs, selon ses avocats, son activité de marchand d'armes était une couverture pour ses missions au bénéfice des services de renseignements américains. "Il a néanmoins fait des erreurs. Il ne s'est pas contenté d'être un espion. Il y a eu des ventes qui ont été opérées par lui. Mais après avoir passé deux années horribles dans les geôles iraniennes, puis condamné à nouveau par les Etats-Unis, il est revenu en Belgique depuis 2011 pour avoir une vie calme", avait assuré Me Daniel Spreutels.

Surnommé "the fox" ou "le maréchal", Jacques Monsieur avait déjà été condamné aux Etats-Unis en 2010 dans un dossier lié à l'affaire Iran-Contra, qui concernait la vente illicite d'armes iraniennes à des groupes rebelles. Son nom avait aussi été cité dans l'affaire Elf-Aquitaine. Il avait été soupçonné d'avoir livré, au nom de la compagnie pétrolière française Elf, des armes à Pascal Lissouba, alors président du Congo-Brazzaville, fin des années 1990, lors de la guerre civile congolaise.