Fouad Belkacem, l'ancien leader de Sharia4Belgium, déchu de sa nationalité belge

La cour d'appel d'Anvers a décidé mardi de retirer la nationalité belge à Fouad Belkacem. "La nationalité implique des droits et des devoirs. Belkacem ne semble intéressé que par les droits et libertés inhérents à la nationalité belge. Son casier montre qu'il n'est pas disposé à remplir ses obligations de citoyen", a estimé la cour. Toutefois son expulsion vers le Maroc, son pays d'origine ne semble pas être pour tout de suite. 

"Je vais à présent examiner avec lui ce que nous pouvons faire d'autre. La cassation est l'une des possibilités, puis la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg", a déclaré son avocate Liliane Verjauw. 

Cette dernière pense que Fouad Belkacem doit servir d'exemple et redoute qu'une expulsion vers le Maroc ne soit la prochaine étape. "Pour sa famille, ce serait un désastre et pour lui un désastre encore plus grand. Dans ces pays, les valeurs démocratiques sont parfois très éloignées. Je vais m'opposer à une expulsion avec tout ce qui est en mon pouvoir".

Fouad Belkacem est incarcéré depuis cinq ans. Son casier fait état de 27 condamnations par le tribunal de police et neuf en correctionnelle, dont trois en appel, notamment pour vols, menaces, dégradations, coupes et blessures volontaires, rébellion, racisme ou encore diffamation.

Sa principale condamnation remonte à janvier 2016, lorsqu'il avait écopé de 12 ans en tant que leader de l'organisation terroriste Sharia4Belgium.

"La nationalité implique des droits et des devoirs. Belkacem ne semble intéressé que par les droits et libertés inhérents à la nationalité belge. Son casier montre qu'il n'est pas disposé à remplir ses obligations de citoyen", a estimé la cour. Elle assure qu'une expulsion n'est pas à l'ordre du jour. Il faudrait d'abord que sa remise soit requise par le Maroc, puis qu'elle soit validée par le gouvernement belge. Fouad Belkacem pourrait en outre faire appel d'une telle décision. Ce n'est pas une conséquence automatique d'une déchéance de nationalité, a souligné la cour d'appel.

Francken : "Cela devrait être automatique pour des personnes condamnées pour terrorisme"

Le Secrétaire d'Etat à l'asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) a déjà réagi à l'arrêt sur Twitter. "Un chef terroriste perd sa nationalité. Excellent, mais cela devrait tout simplement se produire automatiquement en cas de condamnation pour terrorisme. Un projet de loi est sur la table".