La chocolaterie Jacques devrait fermer à Eupen l’an prochain

Alors qu’elle présentait ses comptes au cours d’un conseil d’entreprise extraordinaire, ce mardi à Eupen, la direction de Baronie a annoncé son intention de fermer le site de la Chocolaterie Jacques d’ici mai 2019, en raison des pertes cumulées enregistrées depuis 2011 et la reprise du site de production. Quelque 70 emplois sont menacés à l’usine d’Eupen.

Avec la reprise par le groupe Baronie, le site d’Eupen avait tout d'abord perdu la production du chocolat. Ce dernier arrivait maintenant sous forme liquide afin d'être reconditionné en bâtonnets ou pralines. Les pertes d'emplois et les départs volontaires se sont multipliés. L'entreprise emploie désormais 70 personnes.

Le groupe Baronie - né au début des années 1920 dans les environs de Rotterdam - vient de fermer une usine aux Pays-Bas. Bien qu’elle admette un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros, l'entreprise déclare des pertes cumulées importantes sur le site d'Eupen où ses investissements ont été insuffisants pour redresser la barre.

La perte d'un client anglais, pour des raisons de qualité insuffisante du produit, a également pesé dans la balance de cette décision.

Un morceau d’histoire qui fond

Les syndicats déclarent s’être doutés que la situation n'était pas brillante, mais ne s'attendaient pas à une fermeture du site. "On s'attendait à une fermeture de certaines lignes mais pas à une annonce de cette ampleur", expliquait Francisco Barrera, secrétaire régional FGTB Horval.

Après la reprise du site par Baronie, en 2011, le personnel de la chocolaterie Jacques avait accepté la perte de nombreux avantages dans l'espoir de conserver une activité sur le site. "Depuis 2005 et une décision de Barry Callebaut, le chocolat n'était plus produit sur le site. Le chocolat arrivait sous forme liquide avant d'être reconditionné en bâtonnets ou pralines. C'est à partir de ce moment qu'on a perdu le cœur de notre activité", regrette Francisco Barrera. Aujourd'hui, ce sont environ 70 emplois qui sont menacés.

"Les travailleurs ont été informés" ce mardi en début de soirée. "C'est très compliqué pour beaucoup d'entre eux car certains travaillent ici depuis 20 ou 30 ans et n'ont connu que la Chocolaterie Jacques", ajoutait Anne-Françoise Offermann, permanente CSC alimentation et services.

"Une procédure Renault va être lancée. Nous sommes mandatés pour établir un agenda et mener des discussions afin de voir s'il est possible de maintenir une activité sur le site", conclut le secrétaire régional de la FGTB. Pour l'heure, aucune action de grève n'a encore été décidée.

BELGA/DECONINCK