Grève spontanée chez Aviapartner : déjà 180 vols annulés à Brussels Airport

L’action de protestation spontanée entamée jeudi en début de soirée par les bagagistes d’Aviapartner se poursuit ce vendredi, malgré les nombreux départs en vacances en ce début de congé scolaire belge de Toussaint. Quelque 180 vols ont déjà été annulés au départ comme à l’arrivée et plusieurs centaines de passagers ont dû passer la nuit de jeudi à vendredi dans l’aéroport international. Les négociations entre direction et syndicats d'Aviapartner ont été suspendues, puis ont repris dans l'après-midi, mais il est probable que la grève continuera samedi.  Elle s'est étendue à l'aéroport de Liège. Le personnel d'Aviapartner à Ostende est inquiet.

Le syndicat socialiste a justifié l'action des travailleurs d'Aviapartner - société qui assure notamment la manutention des avions de Ryanair et TUI fly à Brussels Airport - par "une absence totale de concertation sociale" au sein de l'entreprise. Vers 17h30 jeudi, les travailleurs ont arrêté de charger les bagages et d'effectuer la maintenance sur le tarmac, ce qui a eu "un impact immédiat pour les passagers", indiquait la porte-parole Florence Muls.

Quelque 53 vols arrivant ou partant de Zaventem ont dû être annulés au total jeudi, et quelque 300 passagers ont passé la nuit à l’aéroport, sur des lits de camp installés par dans le terminal.

Ce vendredi la grève se poursuit et plus de 180 vols ont été annulés au départ et à l'arrivée de Brussels Airport, précisait Nathalie Pierard, porte-parole de l'aéroport de Zaventem. 

Deux bagagistes à Zaventem : pas tous les vols concernés

Deux sociétés opèrent en effet à Zaventem: Aviapartner et Swissport. "Seuls les vols d'Aviapartner sont touchés", souligne Brussels Airport, qui conseille ensuite de prendre contact avec la compagnie aérienne et de ne voyager si possible qu'avec un bagage à main.

Le syndicat libéral avait annoncé qu'une entrevue avec la direction était prévue ce vendredi matin. La direction aurait indiqué qu'elle était disposée à dialoguer au sujet d'une liste d'exigences remise plus tôt par les représentants des travailleurs. L'ACLVB (pendant flamand de la CGSLB) estime que la direction doit arriver avec des "solutions claires" et la "garantie" que les promesses seront tenues. Selon Fouad Bougrine, secrétaire syndical ACLVB, le personnel est plus que prêt à mener des actions.

En fin de matinée on apprenait cependant que les négociations syndicats-direction d'Aviapartner ont été suspendues pour une durée indéterminée. Le dialogue social a ensuite repris vers 15h30, mais la grève devrait se poursuivre ce samedi à l'aéroport de Zaventem.  

Aucun vol traité par Aviapartner avant samedi 6h

Les perturbations dues au mouvement de grogne des bagagistes et les longues files d’attente dans le hall des départs surchargé se sont poursuivies tout au long de la journée. Aviapartner avait fait savoir ce vendredi vers 11h que plus aucun vol que la société dessert ne sera encore traité avant samedi à 6h du matin.

"Ce qui veut dire qu'il faut continuer à s'attendre à des retards et à des annulations de vols", expliquait Nathalie Pierard, porte-parole de Brussels Airport. L'aéroport bruxellois conseille aux voyageurs de vérifier d'abord si leur vol est traité par Aviapartner via le site https://www.brusselsairport.be/en/lostbaggage, ensuite si leur vol est maintenu.

Si ce n'est pas le cas, Brussels Airport recommande de prendre contact avec la compagnie aérienne avant de se rendre à Zaventem. L'aéroport demande aussi aux voyageurs qui devaient prendre un vol qui a été annulé de rentrer chez eux. 

Brussels Airport attendait quelque 47.000 passagers ce vendredi.

L'action s'étend aux aéroports de Liège et Ostende

En signe de solidarité avec leurs collègues de Brussels Airport, les bagagistes d'Aviapartner à l'aéroport régional de Liège ont aussi interrompu le travail en fin d'après-midi. Leur action de protestation ne toucherait cependant que les vols supplémentaires qui arrivent à Liège après avoir été détournés depuis Zaventem.

Le personnel d'Aviapartner est également inquiet à Ostende (Flandre occidentale). L'entreprise y est en effet en difficultés financières. Vers 18h, le personnel n'y avait cependant pas encore entamé de grève.