Aviapartner : 5e jour de grève et 110 vols annulés à Brussels Airport

Quelque 110 vols sur les 630 prévus ce lundi à Brussels Airport sont annulés en raison de la grève qui perdure chez le bagagiste Aviapartner, a indiqué une porte-parole de l'aéroport national. Les syndicats et la direction devaient se retrouver autour de la table à 11h pour leur 4e journée de négociations.

Entamée jeudi dernier, la grève spontanée du personnel de l’une des deux sociétés de manutention opérant à l’aéroport international de Zaventem se poursuit ce lundi, malgré quatre jours de négociations entre syndicats et direction d’Aviapartner. Sans résultat pour l’instant.

Ce lundi, ce sont 110 vols qui doivent être annulés à Brussels Airport en raison de la grève. Pour savoir s'ils peuvent se rendre ou non à l'aéroport, les passagers du jour sont appelés à prendre contact avec leur compagnie aérienne. La direction de l'aéroport leur demande également de ne pas encombrer le terminal des départs, mais de se renseigner depuis chez eux. La compagnie TUI fly a annoncé dimanche qu'elle ferait appel à son propre personnel pour s'occuper des bagages de ses passagers.
Les syndicats et la direction d’Aviapartner devaient reprendre leurs négociations ce lundi. Les organisations syndicales restent méfiantes et dénoncent l'attitude de la direction. Le président du Groupe Aviapartner, Laurent Levaux, a lui dénoncé la tactique de la grève sauvage.

"Nous n'avons toujours pas le sentiment que la direction a l'intention de proposer une solution", explique Fouad Bougrine du syndicat libéral ACLVB. "Nous avons coopéré de façon constructive et expliqué qu'un vol peut être parfaitement traité avec cinq personnes. Du personnel supplémentaire n'est donc pas nécessaire. Nous avons tout essayé pour les convaincre que tout ne peut pas se régler uniquement avec des investissements." Les syndicats affirment qu'une meilleure organisation peut résoudre plusieurs problèmes.

Aviapartner est par ailleurs en difficulté financière, ce qui complique les négociations. L’an dernier, la société aurait essuyé 3 millions d’euros de pertes, alors que l’année précédente elle était descendu de 5 millions d’euros dans le rouge. Elle possède également une dette de 50 millions d’euros. D’après le journaliste Riadh Bahri de la VRT, la société de manutention affirme ne pas parvenir à soutenir la concurrence dans le secteur de l’aviation, en raison des compagnies low-cost.

Autrefois, le personnel disposait d’une heure pour recharger un avion de carburant, le vider, le nettoyer et amener la nourriture à bord. A l’heure actuelle, un vol de Ryanair ne reste que 20 minutes au sol, pour pouvoir faire voler autant d’avions de la compagnie irlandaise à bas prix que possible. Tout doit être fait plus vite et à moindre prix, précise encore Bahri.

"Il faut un troisième manutentionnaire à Brussels Airport"

Le duopole des manutentionnaires Aviapartner et Swissport à l'aéroport national doit être brisé rapidement. C'est en tout cas le conseil que donnent des économistes et spécialistes du secteur dans les colonnes du quotidien flamand De Morgen ce lundi. "C'est le seul moyen de sortir l'aéroport de cette spirale de grèves."

"Il n'y a qu'une façon de changer cette situation: amener un troisième acteur à Zaventem", déclare l'économiste Eddy Van de Voorde (Université d’Anvers). "Cela peut amener un peu de sérénité sur le marché en décourageant les grèves, puisqu'il y a d'autres alternatives." La manutention à l'aéroport est liée par une licence. Celle-ci semble protéger le marché, mais en pratique les deux entreprises se concurrencent et proposent des prix tassés.

Le spécialiste de l'aviation Luk De Wilde estime que le gouvernement pourrait être plus actif dans le dossier. Mais le ministre de la Mobilité François Bellot renvoie à la loi en vigueur, selon laquelle il ne pourra y avoir de troisième manutentionnaire que lorsque l'aéroport accueillera au moins deux fois 24 millions de passagers sur un an. Le cap a été passé pour la première fois en 2017.