Echec de la concertation sociale sur les métiers pénibles dans le secteur privé

La concertation entre syndicats et employeurs sur les métiers pénibles dans le secteur privé a échoué, a-t-on appris mercredi auprès des partenaires sociaux.

Syndicats et employeurs tentent de s'entendre à ce sujet depuis plusieurs mois au sein du Conseil national du travail. Une personne exerçant un métier lourd pourrait partir de manière anticipée à la pension ou obtenir une pension plus élevée. Les discussions tournaient autour des critères devant déterminer qui pourrait entrer en ligne de compte pour une pension anticipée.

Les avis des deux camps sont toutefois forts divergents. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement.

Quatre critères devaient permettre d'évaluer la pénibilité au travail, rappellent les syndicats: l'organisation du travail, les contraintes physiques, la charge mentale et émotionnelle et les risques de sécurité élevés. "La reconnaissance d'un ou de plusieurs de ces critères devait permettre à un travailleur de 'lever le pied' à un âge raisonnable afin de profiter plus tôt d'une pension décente."

Selon les organisations d'employeurs toutefois, des réformes générales sont d'abord nécessaires avant de discuter des exceptions ensuite. Avec les propositions des syndicats, une grosse majorité des ouvriers seraient considérés comme métier pénible, ce que n'acceptent pas la FEB, Unizo, UCM et le Boerenbond. La liste étendue des métiers lourds qui a été élaborée pour le secteur public a mis les partenaires sociaux dans une situation particulièrement complexe, juge le patronat.

Les organisations des travailleurs ont, elles, dénoncé l'attitude des employeurs qui ont "enterré" toute concertation. "Malgré nos appels à trouver une solution juste et digne pour des milliers de travailleurs avec une carrière pénible, le banc patronal et le gouvernement se sont enfermés dans une approche restrictive, arbitraire et budgétaire de la gestion des fins de carrière. (...) Les organisations syndicales appellent le gouvernement à revoir profondément sa copie et à ne pas rester sourd à l'appel des travailleurs", ont indiqué la CSC, la FGTB et la CGSLB dans un communiqué commun.

Un accord a déjà été trouvé dans le secteur public, débouchant sur une liste de métiers pénibles. Cette liste a toutefois été critiquée par plusieurs partis de la majorité.