Armistice: le roi Philippe appelle les jeunes à construire un monde de paix

Les souverains belges ont assisté ce dimanche, à titre exceptionnel, à la cérémonie militaire en hommage au Soldat inconnu, aux morts des deux Guerres mondiales et aux militaires tombés lors des missions pour la paix depuis 1945, qui se tient chaque année à la Colonne du Congrès à Bruxelles. Les présidents du Sénat et de la Chambre, mais aussi les ministres fédéraux et nombre de personnalités politiques assistaient également à cette cérémonie. En ce centenaire de l’armistice de la Grande Guerre, la célébration a été marquée par un appel du roi (photo) aux jeunes en faveur de la paix. Le Premier ministre Charles Michel assiste aux cérémonies à Pari. 

"Ce monument, érigé en l'honneur de notre premier parlement et de notre premier roi, gardé par le soldat inconnu, ne parle donc pas seulement de notre passé. Il pointe le doigt vers notre avenir. Il nous invite tous - et les jeunes en premier lieu - à nous engager ensemble dans la construction d'un monde de paix, à apporter chaque jour notre pierre irremplaçable à l'édifice commun", a déclaré le roi Philippe, devant un public venu nombreux à l'occasion de ce centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale.

"Avec un joyeux réalisme, dans les petites choses comme dans les plus grandes", a ajouté le souverain lors d'un discours prononcé devant les présidents de la Chambre et du Sénat, Siegfried Bracke et Christine Defraigne, des représentants du gouvernement et des corps constitués.

"Aux jeunes je voudrais dire: le jour viendra où nous ne pourrons plus compter sur la présence chaleureuse d'anciens combattants qui ont défendu notre territoire. Je m'engage de garder vivantes, avec vous, la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés pour nous et les valeurs pour lesquelles ils se sont battus", a poursuivi le roi Philippe. "Et vous, quel plus bel hommage pouvez-vous leur rendre qu'en devenant vous-même des héros? En restant fidèles à vous-mêmes, à votre vocation, tout en vous donnant aux autres. En faisant le choix de la profondeur plutôt que du superficiel et de l'éphémère. En rayonnant autour de vous. C'est çela être un vrai héros aujourd'hui, même inconnu", a encore dit le chef de l'Etat.

Charles Michel : "Symboliquement très important"

Le Premier ministre Charles Michel participe pour sa part ce dimanche 11 novembre aux célébrations qui ont lieu à Paris (photo, au centre) à l’occasion du centenaire de l’armistice et qui rassemblent près de 70 chefs d’Etat et de gouvernement pour une grand-messe internationale pour la paix.

Donald Trump, Angela Merkel, Vladimir Poutine, Benjamin Netanyahu, Recep Tayyip Erdogan, Justin Trudeau, Mohammed VI, Denis Sassou Nguesso... Les dizaines de dignitaires sont arrivés ce dimanche matin au palais présidentiel de l'Elysée où les a accueillis le président Emmanuel Macron, ordonnateur de ce symposium international dans un Paris quadrillé par près de 10.000 membres des forces de l'ordre. Tous se sont ensuite rendus à l'emblématique Arc de Triomphe, en haut de la célèbre avenue des Champs-Elysées, sous lequel gît le soldat inconnu et brûle perpétuellement sa flamme du souvenir, rappelant l'ampleur d'un conflit aux 18 millions de morts.

"Symboliquement, c’est très important de tirer les leçons du passé cent ans plus tard", a estimé le Premier ministre Charles Michel. "Je compte sur un engagement fort venant de l’Europe, pour davantage de multilatéralisme".

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La paix exige un courage permanent et une volonté sans faille
Charles Michel, Premier ministre belge

Ce samedi, lors de la cérémonie de commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale célébrée au Roeulx, dans le Hainaut, Charles Michel a prononcé un discours placé sous le signe de l'exigence du devoir de mémoire. Il a rappelé le sacrifice héroïque de ce jeune soldat canadien George Price, décédé le 11 novembre 2018, deux minutes avant la signature du cessez-le-feu.

"Cette guerre a traumatisé les populations, a mis leurs cœurs et leurs chairs à vif", a insisté le Premier ministre au pied du Mémorial Price, inauguré samedi en présence de la princesse Astrid, de la gouverneure canadienne Julie Payette et des autorités belges et canadiennes. "Elle a porté en germes les idéologies mortifères et totalitaires qui mettront le monde quelques années plus tard au bord d'un nouvel abîme. La création de la Société Des Nations en janvier 1920 représente une évolution substantielle par rapport au siècle passé. Elle ouvre un chemin pour la négociation diplomatique et collective. Le sacrifice du soldat Price impose un devoir de mémoire, a-t-il ajouté. "Ne pas oublier. Ce siècle passé qui porte les cicatrices indélébiles de la haine et de deux guerres mondiales tragiques."

Le Premier ministre a précisé que "la paix exige un courage permanent et une volonté sans faille. C'est dans cet esprit que notre pays siégera, dès 2019, au Conseil de Sécurité des Nations Unies. La prévention des conflits est notre première priorité. Agir, quand c'est encore possible, pour empêcher l'horreur et la tragédie. Protéger aussi les plus vulnérables, les femmes et les enfants."

Comme il l'avait déjà dit à la tribune des Nations Unies, le monde fait face à de nouvelles menaces "plus hybrides et plus diffuses", a poursuivi Charles Michel. "Terrorisme, cyberattaques, changements climatiques, populisme, conflits et replis sur soi sont autant d'enjeux qui exigent du dialogue, de la coopération, de la négociation. C'est l'essence même du multilatéralisme que plus que jamais nous devons défendre avec ferveur."