Au lendemain de l’Armistice, des trains en partance pour l’Allemagne sont pillés à Anvers

Le 12 novembre 1918, la population anversoise empêche le départ de trains prêts à partir pour l’Allemagne et pille le contenu des wagons, chargés de biens confisqués ou volés. Bruxelles est partagée entre joie et agitation, alors qu’un nouveau danger guette les habitants de la Belgique libérée.

Au lendemain de l’Armistice, des gens venus de partout se retrouvent à Anvers pour arrêter et vider les trains qui s’apprêtaient à partir vers l’Allemagne. Jusqu’alors, la métropole était, tout comme Bruxelles, gérée par un conseil de soldats allemands. Ces derniers ne parviennent toutefois pas à stopper le mouvement des habitants. 

Les premières troupes belges n’arriveront pas avant le 16 novembre 1918 à Anvers. Entre temps, peu d’informations sont relayées sur la libération de la ville. Les journaux de l’époque ne relatent d’ailleurs pas du tout les scènes de pillage de trains. 

Plusieurs semaines après les faits, le 2 février 1919, le journal français Le Miroir y accorde une page entière, illustrée par des photos. Le quotidien aborde le sujet de façon patriotique : les photos montrent "comment les Anversois s’approprient le riche butin que les familles des officiers attendaient impatiemment en Allemagne", peut-on lire. 

Bruxelles, entre joie et agitation

La nervosité règne toujours dans la capitale belge au lendemain de la fin des combats. De nombreux soldats allemands s’adonnent encore à des pillages, principalement de grands magasins et de maisons de maîtres. Les représentants du conseil des soldats déplorent ces agissements, et promettent aux victimes de les dédommager et de punir les coupables. 

Malgré ces incidents, une atmosphère joyeuse s’empare de la ville. De nombreux habitants décorent leur maison. Des drapeaux belges et d’autres insignes patriotiques sont vendus dans les rues.

Les soldats alliés qui avaient récemment été faits prisonniers de guerre sont libérés et chaleureusement accueillis. Les troupes allemandes se préparent à partir. La garde du nord est dès lors exclusivement accessible aux militaires allemands. 

Un nouveau danger

Dans la Belgique libérée, les autorités militaires préviennent la population sur les dangers des engins explosifs qui ne se sont pas déclenchés. Elle conseille aux habitants de ne pas toucher à ces objets, et de ne pas tenter de les désamorcer.

Ce même jour, on annonce la mort d’une dizaine de civils à Merksem dans une explosion. D’autres incidents du genre suivront encore durant plusieurs années.